Le réseau japonais d’équipement automobile Autobacs compte ouvrir une cinquantaine de magasins en franchise ces prochaines années

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Présent depuis 2001 en France, Autobacs, un réseau japonais de distribution d’équipements automobiles vient de passer la vitesse supérieure.

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Encore un cliché qu’il va falloir réviser. Avec Autobacs, l’image du magasin d’accessoires automobiles gris et ennuyeux va prendre un sale coup de vieux. Le groupe, né au Japon en 1947, a développé dans les années 1970 un nouveau concept de centres automobiles. Si la technique est toujours là puisque les personnels qui interviennent sur les véhicules sont des professionnels ultra-compétents, les magasins Autobacs sont des espaces ludiques et accueillants. Marier l’automobile et l’entertainment, telle a été l’idée originale et déclinée depuis maintenant plus de 30 ans au pays du Soleil levant.

 

Prenant acte du changement du consommateur, moins passionné de technique pure et dure, et entretenant une relation plus intime avec sa voiture dans laquelle il passe de plus en plus de temps – notamment en raison des embouteillages, les centres Autobacs proposent tout ce qui permettra à l’automobiliste de se sentier mieux dans sa voiture, d’y être comme chez lui. Pour distribuer ces produits, le groupe nippon a développé plusieurs concepts de magasin, du centre dédié aux loisirs mêlant automobile, cinéma ou salon de coiffure, à des magasins de 1 000 à 1 500 m2 avec atelier de montage et de réparation.

 

Des magasins où il fait bon vivre
Le résultat est impressionnant : un chiffre d’affaires supérieur à 2 milliards d’euros, un groupe côté à Londres, Tokyo et Osaka. Mieux, certains des franchisés nippons, puisque la marque s’est essentiellement développée dans l’archipel grâce à ce moyen, sont eux-mêmes côtés en Bourse. Depuis dix ans, le groupe mise sur le développement international, d’abord en Asie du Sud-Est ; depuis 2001 la France est le premier pays d’Europe où l’enseigne s’est implantée. Le PDG de la filiale française, Laurent Proust, un professionnel de la distribution qui a fait ses classes chez Virgin, résume ainsi le concept des magasins : « Offrir l’offre la plus large du marché avec 12 000 références disponibles en magasin, au meilleur prix, et faire du magasin un lieu où on se sent bien », quasiment un but de promenade.

 

Et les Franciliens ont plébiscité cette nouvelle façon de voir l’automobile. En effet, la chaîne a dans un premier temps validé en région parisienne le concept de magasins, et vérifié s’il convenait à l’automobiliste français tout en étant rentable pour le franchisé. L’an dernier, la vitesse supérieure a été enclenchée avec le rachat de six magasins Eldorauto en région parisienne. Dans ces magasins, la satisfaction des clients est importante comme l’indique le PDG : « 9 clients sur 10 déclarent être prêts à recommander notre enseigne et près d’un client nouveau sur 2 est venu parce qu’on lui a recommandé le magasin». Des résultats qui contribuent à la réputation de la marque et qui augurent bien de son développement futur : « Notre volonté est d’être très fort dans des zones denses, c’est-à-dire les principales agglomérations françaises. Là, la zone de chalandise est suffisante, rapportée à notre offre ». D’ici à dix ans, Autobacs s’est fixé pour objectif d’avoir une cinquantaine de points de vente en France.

 

Pour cela, comme au Japon, la marque va développer un réseau de franchisés. Ainsi, un premier magasin ouvre mi-janvier à Saint-Brice Sous-Forêt, dans le 95 (Val-d’Oise en France). À la tête de la franchise, Alan Bouix en partenariat avec Michel Antolinos, qui a été un des premiers franchisés d’une marque de fast food nord-américaine et son PDG pour la France. La sélection des franchisés est relativement longue, mêlant entretiens de personnalité, examen du dossier… À l’issue de ce processus, une formation de 9 à 12 mois est dispensée, comprenant des sessions au Japon. En effet, on ne s’improvise pas responsable d’un point de vente qui emploie 40 personnes en moyenne. Cela demande de solides compétences en gestion et des moyens financiers.

 

Pourtant, Laurent Proust estime que ce qui compte le plus pour réussir ce sont « les qualités commerciales. Le sens du client, ça ne s’apprend pas. Sans lui, on ne peut rien faire dans ce métier ». Autobacs entend mettre à disposition de ces franchisés l’expérience accumulée au Japon dans ce domaine. De même, la marque dispose d’une position qui lui permet d’assurer de bons prix aux clients « sans sacrifier la marge du magasin », explique Laurent Proust. Enfin, Autobacs distribue dans ses points de vente des produits exclusifs dits de confort, qui rendent la vie en voiture plus facile. Cela va du porte-téléphone ou du porte-gobelet qui est proposé dans différentes couleurs assorties à l’intérieur de la voiture, aux GPS (comme la marque Eclipse, leader au Japon). La marque peut aussi revendiquer d’avoir été la première à proposer un avertisseur légal de radars sur le marché français. Haute technologie, sens du service et produits pour mieux vivre en voiture sont en vedette dans les magasins Autobacs. Prêt pour le voyage ? En voiture, bien sûr.