Le secteur de la distribution britannique se transforme

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D.R.
Outre le ralentissement économique, la distribution fait face à des difficultés structurelles. Une réforme est à l’étude.

Si 2009 avait été une année noire pour la distribution britannique avec la faillite du distributeur généraliste Woolworths, 2011 n’a pas non plus été un grand cru à en juger par le nombre de faillites dans le secteur: 183 distributeurs ont été placés sous administration judiciaire l’an dernier, contre 165 en 2010. En début d’année, l’enseigne de vêtements à bas prix Peacocks a été sauvée de justesse de l’administration judiciaire après avoir été rachetée, pour la moitié de sa taille, par le groupe de distribution écossais Woollen Mill. Même sort, peu ou prou, pour la chaîne de lingerie La Senza, dont 60 des 144 points de vente ont été repris par un investisseur du Moyen-Orient (Alshaya), ce qui a permis de sauver 1 100 emplois sur un total de 2 400.

 

Selon un rapport réalisé par le cabinet Ernst & Young, près d’un cinquième des distributeurs cotés en bourse au Royaume-Uni ont émis des avertissements sur résultats. Cela représente au total 39 entreprises, soit plus que pour tout autre secteur présent sur l’indice boursier britannique FTSE, et surtout un chiffre supérieur aux avertissements conjugués de la distribution pour 2009 et 2010. Les débuts de l’année 2012 n’ont pas marqué de rupture significative: même le leader de la distribution alimentaire britannique Tesco a lancé un avertissement sur résultats en début d’année, le premier depuis 20 ans, suite à des ventes de Noël décevantes.

 

Si les difficultés de ces entreprises peuvent s’expliquer par leur modèle économique et leur méthode de gestion, le ralentissement économique a aggravé les choses. Mais au-delà des défis conjoncturels, le secteur fait actuellement face à une véritable crise structurelle, à tel point que le gouvernement britannique a demandé à la consultante spécialisée en distribution Mary Portas, célèbre également outre-Manche pour l’animation d’une émission télévisée, de passer en revue le secteur. Ses conclusions, publiées en décembre 2011, ont montré que sur trois commerces situés en centre-ville, un n’était pas viable ou en voie de détérioration. Mary Portas a recommandé de gérer ces commerces de centre-ville à l’image d’une entreprise en dotant ces aires géographiques de différentes town teams, des équipes de directions dédiées aux centres-villes, pour définir les intérêts communs entre commerçants, propriétaires fonciers, clients et municipalités.

 

Une fiscalité plus attractive pour les commerces et des parkings abordables et accessibles géographiquement ont été identifiés par le rapport comme des solutions possibles pour relancer le commerce de centre-ville. Les propriétaires de locaux commerciaux laissés à l’abandon pourraient aussi écoper de pénalités tandis que les entrepreneurs devraient, au contraire, bénéficier de taux préférentiels pour ouvrir leurs boutiques en centre-ville. La recherche de sites pilotes pour les town teams a été lancée le mois dernier en attendant la mise en place des 27 autres recommandations du rapport.