Le secteur réunionnais du bâtiment vit « une crise sans précédent depuis 2008 »

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Comment se porte l’économie réunionnaise ?

Ibrahim Patel : « Nous vivons une crise sans précédent depuis 2008. L’activité du bâtiment a chuté de 70 %, avec 10 000 emplois perdus. Le commerce traditionnel a chuté de 20 à 25 %. Le secteur alimentaire a moins souffert. Aujourd’hui, les indicateurs prévoient une sortie de crise au 2e semestre 2011. Mais je suis persuadé que nous ne commencerons à sortir de la crise que fin 2011, pas avant. »

Avez-vous une stratégie particulière pour relancer l’activité ?

I. P. : « Nous voulons rendre à la Chambre sa proximité. Nous allons ouvrir deux maisons des entreprises à l’est et à l’ouest. Le taux d’importation est important dans l’île et les PME doivent évoluer sur le marché international, notamment asiatique. Nous allons proposer des formations en anglais, en mandarin, à l’informatique, pour répondre aux appels d’offres et aussi la décoration de vitrines. »

Quels sont vos projets ?

I. P. : « D’abord, la mise en place d’une centrale d’achat. Car 80 % des petits commerces s’approvisionnent localement et nous devons faire baisser leurs coûts. Nous voulons aussi créer une SEM d’aménagement. Nous devons créer des zones d’activités dans toute l’île grâce au foncier non exploité que possède la Chambre. Enfin, la mandature précédente avait initié un projet de constructions de quais de débarquement au sud et à l’est de l’île : cela devrait être réalisé dans les deux ans. »

La concession de l’aéroport arrive bientôt à échéance…

I. P. : « Effectivement. Une société aéroportuaire sera créée fin 2011, l’État en détiendra 60 %, la CCI 25 % et le Conseil régional 15 %. L’État se désengagera au bout de deux ans, tandis que, avec la Région, nous deviendrons majoritaires. Nous souhaitons que l’’aéroport reste dans le giron local. Nous devons ouvrir le ciel à l’international, car le frein à son développement reste le prix des billets d’avion. »

La gestion de l’aéroport génère 46 millions d’euros de chiffre d’affaires. Comment allez vous trouver de nouvelles recettes ?

I. P. : « Dans les zones d’activités que nous allons créer grâce à l’exploitation des terrains non utilisés. Nous avons aussi un litige sur des sous-locations dans les zones industrielles qui créent un manque à gagner. Nous allons ensuite renforcer notre partenariat avec le Conseil régional sur le tourisme, avec un travail sur l’accueil régional, celui des croisiéristes, les forums et foires et les assises du commerce dans les DOM. Nous souhaitons aussi travailler sur la “ Route de l’Orient ” en proposant un circuit sur les origines du peuplement de La Réunion. »