Le sevrage tabagique, un défi pour les entreprises françaises

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Leader français des substituts nicotiniques avec son produit phare Nicorette, Pfizer Santé grand public, la branche de Pfizer rachetée en juin 2006 par Johnson & Johnson, est la deuxième société d’automédication en France. Elle commercialise notamment Actifed, Hextril, Microlax, Alostil… des médicaments vendus sans ordonnance qui permettent de résoudre certains petits désagréments de santé au quotidien. « L’automédication est peu développée en France contrairement à d’autres pays. Or, elle permet de réaliser des économies substantielles et est parfaitement adaptée aux pathologies mineures », observe Josep Infesta, directeur général de Pfizer Santé grand public.

 

Tabac non grata
Depuis leur apparition au milieu des années 1980, les substituts nicotiniques n’ont cessé de voir leur vente progresser. En 1991 déjà, la loi Évin, qui entend lutter contre le tabagisme passif, instaure l’interdiction de fumer dans certains lieux publics, notamment les lieux de travail affectés à un usage collectif. Son entrée en vigueur donne une nette impulsion aux ventes de substituts nicotiniques. Dès lors, les publicités pour Nicorette fleurissent dans la rue et sur les écrans de télévision ; la marque n’hésitant pas à dépenser des sommes importantes pour communiquer. Dans les entreprises, la pression à l’encontre des fumeurs s’accentue. Le 1er février 2007, l’instauration de la loi interdisant de fumer dans tous les lieux publics, constitue une nouvelle étape dans la lutte contre le tabagisme. Une loi qui réjouit le fabricant de Nicorette, qui réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel grâce à ce produit. « Au-delà des bénéfices commerciaux que cette mesure nous apporte, nous nous réjouissons des bénéfices qu’elle apportera en matière de santé publique », remarque Josep Infesta. En effet, plus de 66 000 décès sont imputés chaque année au tabac.

 

Entreprise sans tabac
Même en étant très motivé et en subissant une forte pression de la part de son entourage, écraser sa dernière cigarette n’est pas chose aisée. Plutôt que de laisser leurs salariés fumeurs mener un combat personnel acharné contre le tabac, certaines entreprises décident de les accompagner. Dès le début des années 2000, plusieurs entreprises ont souhaité interdire le tabac dans leurs locaux. « Face à l’augmentation des sollicitations, nous avons décidé de nous organiser pour aider les entreprises le souhaitant à devenir des entreprises sans tabac », explique Josep Infesta. Depuis l’entrée en vigueur de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics, il est totalement interdit de fumer dans l’enceinte des entreprises, aussi bien dans les parties communes que dans les bureaux. À moins d’installer des locaux hermétiquement fermés réservés aux fumeurs, les entreprises ont donc intérêt à inciter les salariés à arrêter de fumer sous peine de devoir payer des amendes ou, pire, d’être poursuivies devant les tribunaux par leur personnel pour atteinte à leur santé. En outre, le taux d’absentéisme pour maladie est plus important chez les fumeurs que chez les non-fumeurs et les pauses cigarette tendent à réduire le taux de productivité des salariés fumeurs.

 

Un accompagnement individualisé
Première étape de la démarche : faire un état des lieux du tabagisme dans l’entreprise en recensant la proportion de fumeurs, leur dépendance, leur rapport au tabac et leur motivation éventuelle pour arrêter de fumer.Pour aider les entreprises à accompagner leurs salariés, les visiteurs médicaux de Pfizer Santé grand public rencontrent les dirigeants d’entreprises, les responsables des ressources humaines ou de la santé au travail, « mais, c’est surtout avec les médecins du travail que nous entretenons une relation privilégiée », explique Isabelle Sincère, directrice de la visite médicale.
Outre les informations délivrées par les visiteurs médicaux, Pfizer Santé a mis en place un site internet (entreprise-sans-tabac.fr) qui fournit aux entreprises désireuses de rompre avec le tabac des conseils et des documents d’information et de communication (plaquettes, affiches, brochures, stickers…). Depuis le début de l’année 2007, sa fréquentation a explosé. « Ce site est particulièrement adapté aux PME et PMI qui veulent prendre en main l’arrêt du tabac », indique Grégory Dubourg, chef de produit, responsable du projet Entreprise.

 

Une large gamme de substituts nicotiniques
Outre les conseils et astuces pour faciliter le sevrage tabagique, Pfizer Santé grand public propose toute une gamme de substituts nicotiniques sous des formes aussi diverses que les patchs, les gommes à mâcher, les microtabs ou les inhaleurs. « Il est important de trouver pour chacun le produit le mieux adapté à sa dépendance, à sa relation à la cigarette et à son parcours d’arrêt », explique Isabelle Sincère. Réduire de moitié au moins la consommation de tabac en France, tel est l’objectif clairement affiché par Pfizer Santé grand public. Ambitieuse, la société pourrait craindre une disparition totale des fumeurs qui menacerait Nicorette. « Malheureusement, l’avènement de la société sans tabac n’est pas pour demain », prédit Josep Infesta.