Les Business Angels au secours des projets d’entreprise

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Tandis que les banques se montrent toujours frileuses à accorder des crédits, les alternatives au financement classique de projets prennent de l’importance. Plus la crise perdure, plus le recours aux Business Angels séduit les entrepreneurs.

Des interventions de plus en plus importantes, tant en nombre qu’en capital. C’est le constat fait par France Angels, la principale fédération française de Business Angels. « Dans un contexte où les banques accordent très difficilement des crédits, ce n’est pas surprenant », estime Didier Tranchier, président du réseau IT Angels. Cette vaste fédération regroupe quelques 80 réseaux d’environ 4 000 Business Angels. Ces derniers ont financé en 2011 des centaines de projets d’entreprises pour un montant global de 44,5 millions d’euros. En 2008, les investissements de ces financeurs atypiques n’atteignaient que 27 millions d’euros. Le réseau Paris Business Angels observe que « la crise est une bonne période pour l’activité. Elle ne diminue pas le nombre de projets à soutenir et a augmenté de 20 % les investissements entre 2011 et 2012. La profession se structure, les montants grandissent. En témoigne l’annonce en janvier 2013 de la naissance de Business Angels Europe (BAE), un réseau à l’échelle européenne lancé à l’initiative de plusieurs organisations de Business Angels. »

 

 

Dans le climat actuel de diète économique, les solutions alternatives aux banques pour financer un développement d’entreprise ont le vent en poupe. « En raison de ses avantages, l’option que représente les Business Angels rencontre un succès croissant », remarque Didier Tranchier. L’idée consiste à recourir au portefeuille d’une ou plusieurs personnes physiques. Il s’agit généralement d’anciens dirigeants ou cadres supérieurs capables de débourser des sommes allant de 5 000 et 200 000 euros par an. Plus rarement, l’investissement représente des montants encore plus alléchants, jusqu’à 500 000 euros. Les Business Angels prennent à leur charge tout le risque de l’investissement. Aucun remboursement n’est à envisager en cas d’échec. En contrepartie, ils touchent une partie des bénéfices futurs de la société. En investissant en capital, ils acquièrent des parts de l’entreprise et gagnent lorsque celle-ci gagne, avec en toile de fond l’objectif d’une plus-value lors d’une revente ultérieure des parts. Le degré d’implication de ces intervenants doit être négocié entre les parties prenantes.

 

Ticket Surf International, une entreprise crée en 2003 dans le domaine des cartes prépayées sur Internet, est un exemple de success story forgée sur ce modèle. Après une première levée de fonds en 2004, puis une deuxième en 2006, une dizaine de Business Angels ont pris cette société sous leurs ailes. « Pour certains d’entre eux, l’affaire se résume à un multiple de 20 à 30 par rapport à l’argent investi au départ », se réjouit Didier Tranchier, qui a participé à ce financement.

Les Business Angels se penchent assez facilement sur des projets en devenir. En 2011, 68 % des entreprises accompagnées avaient moins de 3 ans. Les banques et fonds de capital investissement mettent plutôt la main à la poche lorsque l’activité a déjà prouvé qu’elle est un pari gagnant. Sans premier bilan, brevet ou portefeuille de clients, les demandes de soutien auprès des organisations traditionnelles se soldent généralement par un refus. Le bénéfice va aussi au-delà de l’aspect purement économique. Outre la capacité à fournir des liquidités, le Business Angel investit la plupart du temps dans un domaine qu’il connaît. « Il apporte donc une expérience, une expertise et un carnet d’adresses. Des compétences qui se cumulent avec son rôle de financeur et qui en font un véritable partenaire de travail », souligne Didier Tranchier.

 

La fédération France Angels est un interlocuteur pertinent pour être guidé. La Semaine des Business Angels, qui se tient chaque année vers la fin novembre partout en France, apporte également de précieuses informations sur la question. Bon nombre de dirigeants se tournent aussi vers les SIBA (Société d’investissements des Business Angels), qui permettent d’ouvrir plus largement le portefeuille des financeurs lors d’un tour de table et de faciliter les refinancements. Sur les 44,5 millions d’euros investis en 2011 par les membres de France Angels, 20 % provenaient des SIBA.

 

Dans la même lignée que les Business Angels, le Crowdfunding connaît aussi un essor. Plutôt que de se tourner vers quelques financeurs, il s’agit dans ce cas de faire appel à une foule de petits investisseurs. La plateforme française Anaxago propose ainsi de soutenir des projets à partir de 1 000 euros. Du côté de sa concurrente Wiseed, 100 euros suffisent pour devenir l’actionnaire d’un projet innovant. Le cabinet de conseil Deloitte estime qu’à l’échelle mondiale, les sites de Crowdfunding devraient lever 2,2 milliards d’euros en 2013, soit le double de 2011.