Les Chambres de commerce européennes transmettent le goût de la Chine

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Comprendre la Chine pour réussir son implantation. L’objectif du programme Understanding China est ambitieux. Lancé en septembre dernier, il cherche à répondre aux difficultés auxquelles font face les PME européennes visant le marché chinois. Subventionné par la Commission européenne à hauteur de 4 millions d’euros, le programme prévoit la formation de cadres d’organisations représentant des entreprises sur les aspects juridiques et culturels chinois afin qu’ils puissent informer et soutenir les entrepreneurs souhaitant s’implanter en Chine. Le cycle de formation est organisé trois fois par an, en partenariat avec les universités d’Anvers, Shanghai et Pékin. Trente collaborateurs des organisations représentant les entreprises bénéficieront de cette formation, qui aura lieu en Belgique et en Chine entre juillet et décembre. Pour accéder à cette formation, il faut remplir deux conditions : bénéficier d’une expérience professionnelle d’au moins deux ans sur les questions chinoises et travailler pour une organisation représentative des entreprises françaises. Le programme financera tous les frais en lien avec la formation, à l’exception des frais de déplacement et des frais d’inscription.

 

En second volet, Understanding China souhaite développer le dialogue avec les entreprises européennes et il propose pour cela une série de conférences ouvertes aux entrepreneurs. « Nous considérons qu’il est essentiel d’écouter les besoins et les problèmes des entrepreneurs, explique Dirk Vantyghem, directeur des Affaires internationales à Eurochambres. Un dialogue permettra de connaître les obstacles auxquels les entreprises font face en entrant sur le marché chinois. » Paris a ainsi entamé, le 24 septembre dernier, un cycle de huit séminaires organisés dans de grands villes européennes. Tous ont le même objectif : regrouper des entrepreneurs qui connaissent le pays afin de partager des expériences et nourrir les politiques nationales et européennes vis-à-vis de la Chine. Réunis à Paris, les chefs d’entreprises ont ainsi fait part de leurs difficultés à accéder au marché chinois. La langue est un premier obstacle. Si la maîtrise du chinois est un plus, l’anglais peut cependant suffire à développer son business. Encore faut-il apprendre à négocier, car « la culture de négociation est complètement différente de ce que nous connaissons » en Europe, relève Éric Cantarel, gérant de la société française Oray. Une différence qui nécessite adaptation et compréhension.

 

Par ailleurs, s’implanter en Chine coûte cher en termes de recherche et développement, voyages, communication, etc. « Pousser une entreprise à l’export sans observer l’aspect financier est très dangereux », prévient Jacques Leclerc du Sablon, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie française en Chine. Une implantation nécessite donc un travail en amont et des conseils pour anticiper son coût financier. Heureusement, des aides existent en France pour soutenir l’implantation des PME. « Nous avons souscrit à une assurance-prospection Coface, avons bénéficié d’un crédit d’impôt export et utilisé les services d’un VIE [volontaire international en entreprise, ndlr], confie Éric Cantarel. Sans ces aides, l’aventure n’aurait pas été possible. » Autre élément à prendre en compte : dans un pays où la main-d’œuvre est moins qualifiée qu’en Europe et où les curriculum vitae circulent facilement, il importe de bien choisir sa zone d’implantation selon la qualification souhaitée de ses effectifs. Impossible de s’implanter seul en Chine. Les entreprises doivent privilégier des partenariats avec un acteur local chinois qu’il convient d’auditer et tester. Les PME peuvent également s’appuyer sur un grand groupe européen présent en Chine.

 

Sur un marché chinois qui se développe à une vitesse grand V, il convient de réaliser des études de marché et d’être réactif pour trouver les bons débouchés. « Le risque premier est d’être en retard sur le marché étant donné la grande rapidité d’évolution des niveaux de production et de consommation », confirme Jacques Leclerc du Sablon. Avant de s’aventurer sur le marché chinois, une règle d’or : échanger avec les entreprises étrangères déjà implantées. Il est par ailleurs nécessaire de maîtriser le système chinois de normalisation et de certification, différent du système européen. Des informations que peuvent fournir les Chambres de commerce. Patience, souplesse, inventivité, méthode, bon sens et ouverture sont les qualités requises pour une implantation chinoise réussie. Malgré les difficultés, la Chine, seconde puissance économique mondiale et comptant 22 villes de plus de 30 millions d’habitants, représente une réelle opportunité pour les PME européennes s’inscrivant dans une stratégie de long terme.