Les consultations des entrepreneurs en septembre laissaient entrevoir une orientation positive qui semble ne pas durer dans le temps. En effet ceux qui se sont exprimés au mois d’octobre ne cachent pas leur déception par rapport aux mesures économiques prises par le Gouvernement et affichent une baisse de confiance face à l’avenir, y compris celle de leur propre entreprise.

 

 Certes les chiffres du chômage sur le mois de septembre ont baissé de façon historique dû notamment à une création d’emploi qui s’est mieux portée, mais les 0,2 points de croissance au troisième trimestre ne suffiront pas pour que la croissance annuelle espérée soit au rendez-vous en fin d’année. La reprise économique tant attendue n’est donc pas encore assurée ni programmée.  Et les chefs d’entreprise qui ont été sondés durant le mois d’octobre par l’institut Opinionway (1) pour le compte de CCI France, La Tribune et Europe 1, manifestent une véritable inquiétude vis à vis de cette conjoncture peu rassurante.

Une confiance des entrepreneurs qui baisse de deux points concernant l’avenir de leur entreprise, de huit points lorsqu’il s’agit de celui de l’économie française et chute de douze points pour le futur de l’économie mondiale.

L’avenir ne rassure pas les entrepreneurs

Cette baisse soudaine de confiance se répercute directement donc sur l’indicateur du sondage qui mesure l’optimisme du monde entrepreneurial, celui-ci régresse de sept points en octobre après une progression de quatorze points en septembre, et retrouve de fait son niveau du mois d’avril 2016. Le nombre de dirigeants d’entreprise se déclarant « optimistes » recule de trois points (ils ne sont plus que 30% à avoir cet état d’esprit), à l’inverse le pourcentage des entrepreneurs « méfiants » gagne trois points et celui des entrepreneurs « confiants » chute de six points.

Une préférence des sondés pour le « c’était mieux avant » qui là encore prend le pas sur le « c’est très bien en ce moment », ce qui n’engendre pas la volonté d’innovation et les investissements nécessaires, jugés trop risqués.

Ainsi la constance des embauches pour les douze prochains mois baisse de deux points. Cela dit cette tendance à la baisse s’équilibre, avec ceux qui pensent embaucher (+1 point) et ceux qui pensent réduire leurs effectifs (+1 point).

Des entrepreneurs qui jugent sévèrement le bilan gouvernemental en matière économique : 7% seulement le jugent positif concernant la relance de l’emploi, 11% le jugent positif au vu de la modernisation de l’économie et 16% le jugent positif par rapport à la simplification des procédures. Bref, des avis favorables bien maigres de la part des entrepreneurs à propos des directions et directives entreprises par le Gouvernement.

Les directions espérées par les entrepreneurs pour redresser la barre et les défis qui les attendent

Il n’y a pas à chercher bien loin pour savoir ce que souhaite une grande majorité des entrepreneurs (73% d’entre eux) pour retrouver un semblant d’espoir dans l’amélioration de la (et leur) situation économique future : la baisse des charges.  Cette volonté dépasse largement les autres mesures comme celles fiscales, celles favorisant le financement des entreprises ou même celles qui concernent les conditions de licenciement.

Le Gouvernement qui a bien conscience du besoin urgent de rendre plus facile la vie des entreprises, va prolonger de six mois la mission du conseil de simplification pour les entreprises qui devait, initialement, prendre fin en janvier 2017. Les 415 mesures du plan de simplification déjà décidées devraient faire économiser « plus de cinq milliards d’euros par an » aux entreprises françaises.

Des mesures qui ne font pas toujours l’unanimité comme celle du prélèvement des impôts à la source, ressentie comme une charge supplémentaire de travail et de « paperasse ».  Pour autant les entrepreneurs sondés n’ont pas une opinion tranchée concernant ce changement administratif : certes dans une véritable majorité ils ne se sentent pas préparer à la mise en place de cette mesure et bien qu’ils soient 45% à y être défavorables, 48% d’entre eux voient cette mesure d’un bon œil.

Concernant la digitalisation de leur entreprise, les trois quart des sondés affirment que cette transition numérique va « se faire naturellement au fil de l’eau » sans formation du personnel, ni recrutement. Ils ne sont que 18% qui comptent former leurs employés et 7% qui envisagent d’embaucher de nouveaux collaborateurs spécialisés dans le domaine du digital. Pourtant ces déclarations sont pour le moins en contradiction avec ce qu’avaient mis en avant d’autres études sur la question, comme celle du cabinet Mac Kinsey qui pointait clairement du doigt les difficultés à la transition numérique des entreprises. Au-delà des soucis d’organisation qui entravent la transition vers la digitalisation, 31% des chefs d’entreprises reconnaissent un manque de compétences numériques et des « difficultés dans la gestion du changement » (12%). 60% des dirigeants qui ont été sondés en 2016 par le baromètre CNP Assurances à propos du digital dans les TPE, comptaient faire appel à un spécialiste externe pour se faire accompagner dans le développement digital de leur structure.

L’impact de cette révolution numérique, globale et massive, affecte inégalement les entreprises. La simplification des process de comptabilité et celle de gestion (43% et 42%) sont devant les achats (39%) et le marketing (36%) et bien loin des ressources humaines (19%) pourtant les domaines les plus concernés par cette transformation technologique et organisationnelle.

 

Sources :

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 602 dirigeants d’entreprise entre le 3 et le 20 octobre dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs. 

 

commerce international, actu-cci.com.