Les entreprises allemandes en France confirment la morosité ambiante

20
Image%2023
L’ambiance n’est pas à la fête. À l’heure où la France et l’Allemagne fêtent le cinquantenaire du traité de l’Elysée, scellant la réconciliation entre les deux pays, les entreprises allemandes implantées en France jugent sévèrement le climat des affaires dans notre pays.

Selon le troisième sondage effectué par la AHK (Auslandshandelskammer) Frankreich*, l’antenne des CCI allemandes en France, 66 % des entreprises allemandes décrivent la situation économique française „mauvaise à très mauvaise.“ Moroses, ces entrepreneurs allemands en France sont également pessimistes. 42 % d’entre eux s’attendent à une détérioration en cours d’année. L’embellie ne devrait survenir, selon la majorité d’entre eux, qu’en 2014, voire 2015.

 

 

73 % de satisfecit

Voilà pour le contexte général. Mais, à y regarder de plus près, ces dirigeants de l’industrie, du commerce et des services octroient la note „bien“ à l’évolution de leurs propres activités. 57 % l’estiment satisfaisante et seuls 21%, „mauvaise.“

Les points noirs récapitulés par les entreprises interviewées concernent les conditions du marché du travail, et notamment le droit du travail, le niveau des salaires et des charges salariales, le rôle des syndicats,  ainsi que le manque de flexibilité sur le marché du travail. Au rang des autres critiques, les chefs d’entreprises allemands énumèrent – et ils ne se différencient pas en cela de leurs homologues français le poids de la fiscalité et des charges..

Mais notre pays recèle des atouts que les entreprises allemandes ne manquent pas d’apprécier : les bonnes infrastructures, la qualité de vie, le niveau des études supérieures et la protection de la propriété intellectuelle.  En définitive, ce sont malgré tout 73 % des entreprises interrogées qui sont satisfaites de leur présence en France. Ces 3000 implantations allemandes en France et leurs centaines de milliers d’emplois constituent une composante importante de l’économie française.

 

 

Excédentaires

Les deux pays entretiennent par ailleurs des relations commerciales très étroites, notamment dans le secteur industriel. „L’ automobile et la construction mécaniques composent un cinquième de ces échanges bilatéraux“, souligne la AHK, précisant  „ l’électronique, l’électrotechnique, l’agro-alimentaire, les métaux tout comme la chimie/pharmacie constituent également des points forts.“ Elle ajoute „ la France présente un intérêt de plus en plus important pour les entrerprises de service allemandes, mais aussi pour tout le secteur environnemental (énergies renouvelables, rendement énergétique, recyclage…).“ Dans ces relations commerciales, la balance penche ainsi en faveur de l’Allemagne, qui a enregistré un excédent de 35 milliards d’euros en 2011.

 

*L’étude « Deutsche Unternehmen in Frankreich – Geschäftslage, Erwartungen und Erfolgsfaktoren 2012 – 2015″(Entreprises allemandes en France-la situation des affaires, les attentes et les facteurs de réussite“, est disponible auprès de la  AHK Frankreich email : [email protected]