Les entreprises européennes cherchent à limiter leur consommation d’eau

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D.R.
Limiter la consommation d’eau est l’affaire de tous et notamment des entreprises. De plus en plus chère, elle peut constituer un poste de dépense important pour dans le secteur industriel.

Tandis qu’elle triplait, la population mondiale a vu sa consommation d’eau être multipliée par six entre 1900 et 2000. L’agriculture est le premier poste de consommation d’eau, devant le secteur industriel, l’énergie et les consommations domestiques. En France, plus de la moitié de l’eau prélevée est destinée à la production d’énergie, en raison de la prépondérance de l’industrie nucléaire. En Espagne au contraire, l’agriculture consomme plus de 60% de l’eau, prélevée en raison des conditions climatiques et de l’agriculture intensive exportatrice1.

 

La hausse des prélèvements en eau s’est accentuée depuis les années 1960. Au cours des décennies 1960 et 1970, la plupart des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) ont augmenté leurs prélèvements pour répondre à la demande de l’agriculture et de l’énergie. Au cours des années 1980, une stabilisation a été observée en dépit d’une croissance démographique continue. Elle s’expliquerait par plusieurs facteurs: des techniques d’irrigation plus efficientes, le déclin d’industries très consommatrices d’eau comme les mines et la sidérurgie, le développement des technologies de production propres et la réduction des fuites au niveau des conduites.

 

Par ailleurs, depuis les années 1990, une baisse de la consommation d’eau est observée dans la majorité des grandes villes européennes. Outre les comportements économico-écologiques dûs à la hausse des prix de l’eau et à une volonté plus affirmée de respecter l’environnement, la baisse serait principalement due à la tertiarisation des activités dans les grandes villes et aux efforts de compression des charges dans les immeubles d’habitation, de bureaux et les établissements publics3. Les exemples de Berlin et de Paris apparaissent comme significatifs: entre 1995 et 2005, la consommation d’eau est passée de 236 à 203 m3 à Berlin, et de 227 à 197 m3 à Paris. En France, la baisse de la consommation s’explique surtout par les recherches d’économies menées par les grands établissements industriels (recyclage des eaux de fonctionnement, circuits de production fermés, réutilisation des eaux épurées et des eaux de pluie…).

 

Pour les entreprises, la réduction de la consommation d’eau est devenue une préoccupation réelle, en particulier du fait de la hausse du prix de la ressource. Les initiatives menées individuellement par certaines entreprises pour réduire leur consommation jouent un rôle, tout comme celles qui existent à plus grande échelle dans certaines régions. Ainsi, en Bretagne, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne ont édité un guide de gestion de l’eau4 listant les bonnes pratiques à adopter pour réduire la consommation et la pollution de l’eau.

 

Première étape indispensable: connaître sa consommation grâce à une étude réalisée en interne ou par le biais d’un prestataire extérieur. L’agence peut aider les entreprises intéressées via une subvention de 50% pour faire réaliser un audit. Deuxième étape: la mise en place d’indicateurs de mesure des éventuelles économies par poste ou par activité. Troisième étape: l’adoption de bonnes pratiques (recherche de fuites d’eau, limitation de la disponibilité en eau, installation de matériels hydroéconomes, optimisation du temps de lavage et du débit en particulier dans l’industrie agroalimentaire, récupération des eaux de pluie…). Afin de mener à bien ces démarches vertueuses, la sensibilisation et l’implication du personnel constitue un levier de progrès essentiel, selon les spécialistes.

 

Notes:

1Données Eurostat 2006

2Prélèvements totaux d’eau douce par habitant (2009), Eurostat.

3Étude Crédoc / Berliner Wasserbetriebe, 2005

4Guide de la gestion de l’eau en entreprise, édité par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne. Édition 2009.