Les états du G7 maintiennent leur soutien à l’économie et pensent à taxer les banques

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Les ministres des Finances du G7 continueront à soutenir leurs économies jusqu’à une reprise solide. Ils envisagent la mise en place d’une taxation internationale des banques.

 

Un an et demi après la faillite de la grande banque d’affaires américaine Lehman Brothers, l’économie mondiale continue de souffrir : reprise lente, montée du chômage et dette publique inquiétante. Cependant, les ministres des Finances du G7 qui se sont réunis à Ikaluit, au Canada, les 5 et 6 février, se veulent rassurants. « Nous continuerons à mettre en œuvre la politique de relance à laquelle nous nous sommes respectivement engagés et envisageons les stratégies de sortie », a déclaré le ministre canadien Jim Flaherty. « Nous sommes tous résolus à continuer à soutenir nos économies jusqu’à ce qu’une reprise solide soit établie », a confirmé le ministre britannique des Finances, Alistair Darling. En Europe, tous les regards sont tournés vers Athènes, officiellement engagée dans un drastique plan d’économies budgétaires. L’objectif est de ramener le déficit budgétaire sous les 3 % d’ici à la fin 2012, contre 12,7 % en 2009.

 

Un plan que Bruxelles juge « ambitieux », mais « réalisable ». Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, a ainsi indiqué que l’Union européenne traitera elle-même le dossier grec sans savoir recours au Fonds monétaire international (FMI). De son côté, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a redit sa confiance dans le gouvernement grec « pour prendre toutes les décisions nécessaires » et atteindre son objectif. De son côté, l’agence de notation Fitch, qui attribue aux États des notes sur leur capacité à rembourser leur dette, estime qu’il n’y a pas de risque de « contagion » à d’autres pays de la zone euro. Autre dossier débattu lors de cette réunion canadienne : la réforme du système financier.

 

Une taxation internationale des banques
Un accord de principe visant à instaurer une taxation des banques au niveau international semble par ailleurs se dessiner. « Nous avons convenu de travailler ensemble pour nous assurer que les institutions financières supporteront le coût de leur contribution à la crise », a annoncé l’hôte du sommet, le Canadien Jim Flaherty. « Nous sommes tous profondément engagés pour aller de l’avant et obtenir un accord global sur une réforme du système financier », a ajouté le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner. Paris et Londres ont d’ores et déjà instauré une taxe de l’ordre de 50 % sur les bonus des traders supérieurs à 27 500 euros annuel.

 

Aux États-Unis, Barack Obama souhaite appliquer une taxe aux 50 plus grandes banques, afin de récupérer les fonds publics dépensés lors du sauvetage du système financier. Le G7 devrait également trouver d’ici à la fin de l’année un consensus sur les nouveaux standards prudentiels qui s’appliqueront au secteur bancaire. Les ministres ont de nouveau mis l’accent sur leurs exigences renforcées en matière de fonds propres. Selon Jean-Claude Juncker, il sera « difficile » d’instaurer une taxe européenne sur les banques, la fiscalité restant nationale. « Nous devons voir en Europe, non pas sur un plan d’ensemble, mais sur un plan qui serait à catégoriser pays par pays, si nous pouvons agir de la même sorte », a-t-il déclaré.