Les français diplômés, cadres comme entrepreneurs sont particulièrement plébiscités par les entreprises californiennes, toujours à la recherche de nouveaux talents et friandes de ces ingénieurs français reconnus pour leurs compétences et leur sérieux. Ainsi chaque année des français tout juste sortis d’écoles s’expatrient pour vivre leur rêve américain avec des salaires souvent bien plus intéressants et des promesses d’avenir, bien loin des standards en France.

Située au sud de la baie de San Francisco, la Silicon Valley est connue dans le monde entier. Popularisée par la réussite de ses entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies, avec notamment Apple, Microsoft, Google ou encore Facebook et Uber, « The Valley » comme l’appelle les américains rayonne aussi par la réputation de son Université de Stanford qui est classée comme la deuxième meilleure université au monde en 2019.

L’écosystème unique de l’endroit permet une émulsion qu’on ne trouve nul part ailleurs dans le monde et qui est «propice au développement des entreprises» déclare la cofondatrice de l’incubateur The Refiners, Géraldine Le Meur. La recette est favorisée par plusieurs ingrédients : «D’abord, de l’argent. La Silicon Valley est l’épicentre des investissements» avec notamment l’arrivée de nombreux investisseurs souhaitant miser sur des créateurs talentueux avec une prise de risque incomparable à ce que l’on peut trouver ailleurs.

Le fait que les États-Unis soit la première puissance économique mondiale favorise aussi ce développement. Quand une entreprise réussit dans la Silicon Valley, elle se garantie un succès dans tous les États-Unis, et potentiellement à terme au niveau mondial. «C’est très compétitif, les entreprises se frottent aux meilleures» selon Laurence Fabre à la tête de la Chambre de Commerce franco-américaine situé à San Francisco.

La Silicon Valley a la particularité d’avoir des talents venant du monde entier

Le consulat français estime entre 60 000 et 70 000 le nombre de français vivant dans la baie de San Francisco, dont plus de 12 000 travaillant dans The Valley sur un total de 416 000 salariés (soit environ 3% des travailleurs). Les employés venant des quatre coins de la planète permettent un échange culturel qui n’a son pareil ailleurs, chacun amenant avec lui ses propres méthodes pour être performant dans l’environnement des nouvelles technologies.

Les ingénieurs français sont très appréciés de certaines entreprises américaines: «Les Gafa aiment les ingénieurs français pour leurs compétences et leur esprit critique. Ils vont chercher la petite bête avant de sortir un produit ou un service alors que les américains préfèrent le sortir rapidement et l’améliorer avec les feedbacks des utilisateurs, le fameux test & learn» confirme David Fayon, auteur de Made in Silicon Valley (aux éditions Pearson). Géraldine Le Meur insiste de son côté sur «la qualité des écoles d’ingénieurs françaises qui sont reconnues et représentent un réel gage de sérieux pour les sociétés américaines».

L’image de la France entraine une certaine méfiance pour une partie des américains

Les jeunes diplômés d’écoles de commerce, de design ou encore sortant de la finance sont eux-aussi des profils recherchés par les entreprises américaines, car disposant de talents appréciés selon Réza Malekzadeh, General partner chez Partech, qui gère aussi la French Tech de San Francisco. Cette association a notamment pour vocation de mettre en avant la France et de favoriser le travail sur le web.

Néanmoins «il y a un énorme travail à faire dans la Silicon Valley pour associer la France à quelque chose de positif» déclare Réza Malekzadeh. En cause, une certaine méfiance envers la France qui avait atteint son pic à l’époque où Georges W. Bush était à la tête du pays, et le regain de tension entre Donald Trump et Emmanuel Macron qui tente d’assumer un certain leadership des intérêts européens en plus de ceux de la France agace encore un peu plus une partie des américains. Les entreprises américaines ont de toutes manières bien compris la qualité des employés français et si ceux-ci cherchent à percer, ils doivent réussir à se créer un bon réseau.