Les pays du G20 tentés par le protectionnisme

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L’OMC, l’OCDE et l’ONU s’inquiètent du regain de mesures protectionnistes dans le monde.

Les pays du G20 ont cédé à la tentation protectionniste en instaurant de nouvelles barrières à l’exportation et à l’importation ces six derniers mois, regrettent dans un rapport commun l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Ce dernier relève que la détermination annoncée lors du précédent G20 de Séoul en novembre 2010 « n’a pas été suivie ». Si bien que « en fait, les nouvelles restrictions à l’exportation ont tendance à augmenter », constatent même les trois organisations internationales chargées de veiller sur les politiques commerciales des pays du G20. Compte tenu de l’environnement économique actuel, l’OMC, l’OCDE et la Cnuced jugent « nécessaire d’accroître la vigilance dans les mois à venir afin d’empêcher le protectionnisme de gagner du terrain ». Car, insistent ces organisations, « la persistance de niveaux élevés de chômage, les déséquilibres macroéconomiques, les prix des denrées alimentaires, ainsi que les tensions géopolitiques, créent les conditions favorables » pour inciter les pays à refermer leurs frontières et à favoriser leurs industries.

 

L’OMC, l’OCDE et la Cnuced recommandent en conséquence aux gouvernements du G20 « de rester unis dans leurs efforts pour renforcer la coopération afin que le système commercial multilatéral continue de les servir comme une assurance contre le protectionnisme ». Dans un rapport distinct, l’OMC rappelle que les restrictions sous forme de quotas ou de taxes à l’exportation ne sont pas sans risques pour l’évolution du commerce international et la croissance mondiale. Des restrictions à l’exportation peuvent être décidées sous couvert de préoccupations environnementales ou sociales – pour garantir, notamment, la sécurité alimentaire sur un marché national –, mais certains gouvernements semblent tentés d’en abuser pour tirer à la hausse le prix de leurs exportations, explique l’OMC. Pour les observateurs, Pékin serait notamment dans la ligne de mire de l’organisation qui lui reproche ses restrictions à l’exportation des terres rares. La Chine représente 97 % de l’offre mondiale de terres rares, composant essentiel à la fabrication de nombreux produits technologiques, des téléphones portables à la fibre optique. Le rapport dénonce, par ailleurs, le recours croissant à des barrières non-conventionnelles à l’importation sous la forme de procédures douanières alourdies ou encore d’exigences réglementaires d’hygiène et de santé.

 

Pour autant, le commerce de marchandises a continué de croître fortement dans les grandes économies au cours du premier trimestre 2011, selon les chiffres publiés par l’OCDE en juin. Les importations des pays du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, États-Unis, Royaume-Uni) et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont augmenté de 11 % au premier trimestre contre 8,2 % au trimestre précédent. Les exportations ont crû de 8,5 % contre 8,2 % au trimestre précédent.