Les PME espagnoles peinent à s’imposer dans le sud-est asiatique

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Portée par une croissance de 4,3% en 2011, la Malaisie offre de multiples possibilités pour les secteurs de l’électronique, du pétrole, du gaz, de la production d’huile et de la construction. L’entreprise espagnole Acerinox (acier) a su trouver sa place depuis une dizaine d’années en Malaisie, avec un investissement total de 1,5 milliard d’euros. Un gros contrat signé en 2008 lui a d’ailleurs permis de lancer le projet de construction d’une usine d’acier. Dans un autre secteur, l’entreprise de sanitaires Roca a su également se frayer un chemin en rachetant en 2006 une usine de la filiale de Johnson Suisse. Deux ans plus tard, Roca décide d’acquérir une autre usine d’une capacité double. « Acerinox et Roca constituent la plus grosse présence espagnole en Malaisie.

Le reste des opérations est beaucoup moins important », indique Luis María Lopez Moreno, conseiller économique et commercial de l’ambassade espagnole à Kuala Lumpur. Même dans les services, la présence ibérique se fait discrète. Seul un hôtel du groupe Sol-Melia est installé dans la capitale. Les exportations espagnoles restent elles aussi limitées (0,3% du marché) avec presque 225 millions d’euros en 2010 et des pointes à plus de 350 millions d’euros en 2007 et en 2009 grâce à la vente de deux sous-marins. À l’inverse, la Malaisie exporte beaucoup plus vers l’Espagne, à hauteur de 603 millions d’euros en 2010. « Il nous reste encore un grand chemin à parcourir, reconnaît Luis Lopez. Aucun grand projet n’est annoncé pour 2012, mais en 2013 la livraison des Airbus A400M devrait faire augmenter les exportations à coup sûr. » La République de Singapour, très attractive avec ses 14,5 % de croissance en 2010, reste le meilleur moyen de pénétrer le reste de l’Asie du Sud-Est.

C’est d’ailleurs le pays de l’ASEAN où l’Espagne exporte le plus avec 687 millions d’euros en 2010, exportations dopées par la vente d’un bateau explorateur de fonds marins. L’Espagne s’est spécialisée dans l’exportation des machines et appareils mécaniques et électriques, des matières plastiques, des huiles et de l’habillement. À l’instar des exportations agroalimentaires, celles liées à la mode ont connu une belle progression grâce à l’arrivée des enseignes du groupe Inditex et de Mango. En revanche, les investissements espagnols évoluent différemment. Depuis 2010, ils sont devenus inexistants. Des perspectives plus encourageantes sont à envisager avec la récente installation de la banque Santander et de quelques entreprises, comme Gamesa, leader dans la fabrication de turbines éoliques. Mais, de manière générale, les relations économiques et commerciales entre les deux pays restent bien en deçà des possibilités.