Les professions libérales, piliers de l’économie allemande

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Elles prennent du poids. Dans un pays dominé par l’industrie -24 % du PIB-, les professions libérales gagnent du terrain. De 705 000 en l’an 2000, leur nombre a franchi la barre du million cette année. En augmentation de 4,3 % par rapport à 2011, ils sont aujourd’hui 1,19 million d’avocats, de médecins mais aussi d’artistes et d’experts comptables à contribuer pour 10,1 % au PIB national.

 

Ce boom s’explique autant par la hausse du nombre de jeunes accédant aux études supérieures ( 46 % contre 26 % il y a douze ans) que par les procédures simplifiées de création d’entreprise mises en place par la réforme du marché du travail au début des années 2000. Alors que la majeure partie est encore constituée des professionnels de la santé dont 124 000 médecins, trois autres groupes émergent. Il s’agit des avocats –presque aussi nombreux que les médecins-, des experts comptables et autres consultants fiscaux, puis des artistes qui composent près d’un quart des effectifs et enfin dans une moindre mesure, (18 %) des ingénieurs, conseillers techniques. Toutes les catégories sont en hausse, bien qu’évolution démographique oblige, les professionnels de santé ont vu leurs rangs davantage grossir : plus 5,8 % en un an !

 

Autre signe des temps, les spécialistes fiscaux et financiers ont enregistré pendant la même période, une progression de 4,5 %. « La crise des marchés financiers et de l’économie stimulent la demande en prestations de services de qualité et de confiance », constate Rolf Koschorrek, président du BFB (Bundesverband der Freien Berufe), la fédération nationale des professions libérales.

 

 

 

Recrutement à l’international

 

Le président de la BFB est optimiste quant au développement des professions libérales qui s’ouvrent de plus en plus à de nouveaux champs d’activité. « Dans la branche énergétique en pleine évolution, nos membres qu’ils soient compétents en droit, en technologie ou en planification de process vont pouvoir trouver de nouvelles formes de prestations », prévoit-il.

 

Ces professions ne gagnent pas seulement en importance dans l’économie allemande. Elles jouent également un rôle prépondérant en matière d’emploi avec un facteur de 2,33 salariés par personne exerçant sous ce statut. Au total 2, 78 millions – 3 % de plus qu’en 2010-, de secrétaires, d’assistants mais aussi de techniciens et d’employés trouvent un emploi dans ces petites structures.

 

Malheureusement comme l’ensemble des entreprises, les professions libérales ne sont pas épargnées par le manque de main d’œuvre qualifiée et par la pénurie d’apprentis. Le nombre de ces derniers a même légèrement diminué ces deux dernières années, marquant une tendance qui incite Rolf Koschorrek à exiger : « Les procédures d’embauches à l’étranger doivent être facilitées pour les professions libérales. Il faut que les pouvoirs publics aplanissent les difficultés afin que nous puissions recruter sur les marchés de l’emploi étrangers ». L’un des prochains chantiers du BFB sera d’inciter les politiques à mettre en place des programmes de prêts sans intérêt pour financer déménagement et cours de langues afin de favoriser la mobilité des candidats étrangers.