Les TIC en Afrique

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Les technologies de l’information et de la communication (TIC), en particulier Internet, enregistrent un retard considérable en Afrique.

Alors que le continent représente 15 % de la population mondiale, il ne compte que 4,8 % des internautes et le taux de pénétration de l’outil dans la population ne dépasse pas 8,7 %, contre 26,6 % au niveau mondial.
À ce constat s’ajoute celui d’une grande disparité sous-régionale, puisque les pays d’Afrique du Nord, le Nigeria et l’Afrique du Sud se partagent la quasi-totalité des utilisateurs. À eux seuls, les Nigérians représentent 38 % du nombre total des nouveaux internautes, c’est-à-dire connectés durant les dix dernières années. Jacques Bonjawo, spécialiste des TIC dans les pays en développement et ancien président de l’Université virtuelle africaine, évoque les causes majeures de ce retard inquiétant. En tête : le coût exorbitant des connexions haut débit (100 dollars, soit 77,50 euros pour 110 kbits/s, contre 7 dollars, soit 5,50 euros en Amérique latine), dû à celui pratiqué « sur les passerelles internationales du réseau. (…) Une grande partie du trafic local transite la plupart du temps par l’étranger, faute de points d’échange Internet en nombre suffisant sur le continent ». Plus optimiste concernant la téléphonie mobile, Jacques Bonjawo rappelle que le portable « est devenu en quelques années le fer de lance de la révolution africaine en matière de TIC. Tant et si bien que l’Afrique est le seul continent au monde où les recettes des opérateurs de téléphonie mobile dépassent celles des opérateurs de téléphonie fixe (…), où le taux de pénétration des téléphones cellulaires augmente le plus rapidement. » L’auteur s’attarde également sur la télémédecine, le commerce électronique, le « modèle » indien, la cyberagriculture, l’enseignement à distance et la relation entre TIC et gouvernance (administration électronique notamment). « Les TIC peuvent appuyer les stratégies de développement et l’établissement de systèmes de gouvernance efficaces, efficients et transparents », estime Jacques Bonjawo. Si son ouvrage s’avère instructif, sur les constats négatifs, les perspectives d’amélioration et les expériences partagées, il ne mentionne pas d’exemple de développement des TIC en Afrique dont des individus motivés et débrouillards sont à l’origine. S’agissant d’Internet par exemple, beaucoup parviennent à connecter leur quartier, créer des cybercafés, initier les enfants à l’utilisation du Web… Il est bon de rappeler que, par la force des choses, la « révolution numérique » dont parle Jacques Bonjawo vient aussi d’en bas.

 

Révolution numérique dans les pays en développement – L’exemple africain
Jacques Bonjawo
Dunod (janvier 2011)
192 pages, 19 euros