L’Euro fait de la résistance

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Paradoxalement, le cours de la monnaie unique n’est pas pénalisé la crise de la dette de la zone euro.

Depuis le début de la crise de la dette souveraine, l’euro s’est même apprécié, affichant un gain de près de 5% depuis que la Grèce s’est placée sous l’assistance financière de l’Europe, en mai 2010. Le 27 octobre dernier, la monnaie unique a dépassé 1,42 dollar, au plus haut depuis 7 semaines, après l’accord trouvé par les dirigeants européens pour tenter de résorber la crise en zone euro. Ce niveau inquiète certains économiques qui souhaiteraient que l’euro perdre de sa valeur pour coter aux environs de 1,25 dollar. En théorie, l’euro aurait dû être affaiblie par les craintes d’une contagion de la crise de la dette grecque aux autres pays de la zone euro.

 

Mais dans le reste du monde, les grands pays industrialisés mènent une politique de change visant à affaiblir leur monnaie. Les Etats-Unis, première économique mondiale, ont adopté dès 2008 une politique monétaire ultra accommodante qui maintient le dollar à un niveau très bas. En conséquence de quoi, les investisseurs empruntent des dollars pour investir dans des pays émergents, à forte rentabilité, comme le Brésil. Cette stratégie tire vers le bas le billet vert car les investisseurs vendent du dollar pour acquérir la monnaie dans laquelle ils investiront. De plus, les marchés s’inquiètent des déséquilibres budgétaires des Etats-Unis et de sa santé économique fragile. Pourtant, la zone euro aurait bien besoin d’une monnaie plus faible pour relancer sa croissance et ses exportations.