L’intérêt de l’affacturage selon Natixis Factor

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L’image de l’affacturage a bien changé ces dix dernières années. Les entreprises privilégient de plus en plus ce moyen de financement et les factors séduisent une clientèle variée, du créateur d’entreprise à la grande entreprise, mais aussi les professionnels et les PME-PMI. Entretien avec David Ayault, directeur de clientèle grands comptes et international chez Natixis Factor, filiale du groupe BPCE.

Titulaire d’un BTS de Comptabilité-Gestion et d’un DECF, David Ayault est entré chez Natixis Factor en avril 1996 en tant que gestionnaire de contrats. Il devient ensuite chargé de clientèle PME et grands comptes (2002-2007), responsable d’exploitation (2007-2010) et directeur régional d’exploitation (2010-2011). Depuis novembre 2011, il occupe le poste de directeur de clientèle grands comptes et international.

Commerce International : Selon vous, comment a évolué l’image de l’affacturage au cours de la dernière décennie ?

David Ayault : « Il y a encore quinze ans, l’affacturage était préconisé presque exclusivement aux entreprises qui se trouvaient en grande difficulté financière. En conséquence, l’affacturage pâtissait d’une image négative, celle de « l’antichambre du dépôt de bilan »… Puis, les grands comptes se sont intéressés à ce moyen de financement et ont rapidement dopé le marché. Leurs besoins étaient de plus en plus importants et les acteurs majeurs du secteur ont su leur proposer des solutions alternatives à l’affacturage classique. »

Quelles étaient ces solutions alternatives ?

D.A. : « Il y a tout d’abord eu le développement de l’affacturage confidentiel : nous sommes passés de contrats d’achat simplifié des factures à un modèle plus structuré où nous achetons le solde de la balance du client. Puis, il a fallu s’organiser autour des besoins des grandes entreprises. Les modes de cession étaient différents et il fallait s’adapter régulièrement au cahier des charges de chaque client et non plus proposer un cahier des charges standard. Avec  des contrats portant sur des volumes de chiffre d’affaires significatifs et des engagements de plus de 100 M€ d’encours, nous avons ensuite eu recours à la syndication dès 2006. Cette solution consiste à réunir diverses sociétés d’affacturage pour un seul client avec une quote-part de risque réparti entre chaque factor par un agent ou chef de file. »

Quels avantages les entreprises trouvent-elles à avoir recours à l’affacturage ?

D.A. : « Depuis cinq ans, les entreprises s’aperçoivent de l’utilité de l’affacturage pour leur financement et pour la gestion de leur trésorerie. Les grandes entreprises peuvent mobiliser jusqu’à 80 % de leur poste clients pour obtenir des liquidités. Cela leur permet par exemple d’investir en attendant le relais de leurs partenaires bancaires habituels, de saisir des opportunités de croissance externe, de payer les fournisseurs, de rembourser les comptes courants des associés, d’augmenter leur trésorerie… Nos clients recherchent du financement, la gestion externalisée de leur poste client (relance des débiteurs et réception des règlements), des rapports réguliers sur les indicateurs de gestion, la couverture du risque crédit pour s’assurer un développement sain partout dans le monde… Natixis Factor propose notamment des solutions d’assurance-crédit à l’Export notamment en partenariat avec Coface, elle aussi filiale du groupe BPCE. »

Justement, qui sont vos clients ?

D.A. : « L’année dernière, Natixis Factor a acheté environ 7 millions de factures pour un CA total affacturé de 25 milliards d’euros. Avec une part de marché de 15 %, 500 collaborateurs et 7 000 entreprises clientes, Natixis Factor est le troisième factor bancaire. Nous sommes à la fois multi-réseaux, multi-segments et multi-marques. Multi-réseaux car plus de 90 % de notre apport vient du Groupe BPCE (avec des marques dédiées pour les clients Banque Populaire, Caisse d’Epargne et Natixis) et le reste de courtiers. Multi-segments car nous proposons des prestations adaptées : du Professionnel au Grand Compte. »

Comment jugez-vous l’état du marché de l’affacturage en France et quels seront vos prochains projets de développement ?

D.A. : « Le marché de l’affacturage en France a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 175 milliards d’euros, soit une hausse de 13 % par rapport à 2010. L’affacturage est devenu le deuxième moyen de financement des entreprises derrière le découvert et loin devant la Dailly et l’escompte. Dans ce contexte, l’ambition de Natixis Factor est d’accélérer avec le soutien de son réseau d’apporteurs le développement sur la France mais surtout à l’international en s’appuyant sur deux axes : l’export, en finançant les créances des clients à l’étranger (UE principalement mais aussi Etats-Unis, Canada, Amérique Latine, Asie…), et l’accompagnement des clients ayant des filiales à l’étranger dans le financement de leur poste clients. »

De plus amples informations sont disponibles sur le site Internet suivant : www.factor.natixis.com