Loïc Bodin : « il est primordial de soigner votre e-réputation »

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Loïc Bodin, qui êtes-vous en quelques mots ?

 

Après une école de commerce (HEC), il y a six ans, j’ai été à La Sorbonne pour faire du droit des affaires. J’ai une appétence pour le secteur numérique. J’ai flairé que ça allait être le sujet des années à venir.

J’ai donc été Directeur Général de Renaissance Numérique de 2009 à 2013. Puis, j’ai écrit un premier livre sur les entreprises françaises qui ont réussi dans le numérique.

 

 

Et le 24 avril vous avez sorti votre second ouvrage Entreprises, gérez votre e-reputation. Loïc Bodin, de quoi traite votre livre ?

 

J’explique aux startups, aux managers, aux entrepreneurs toute l’importance de la e-reputation, qui se construit avec le temps. Et dans la première partie, je mets en avant ces nouveaux canaux electroniques et cette explosion d’informations auxquels il faut faire face dorénavant. L’image et le temps sont modifiés par internet… Mais internet c’est aussi l’immédiateté.

La seconde partie traite de la stratégie d’e-reputation, le travail sur l’identité de l’entreprise, de l’image et de la façon dont tout cela est relayé. On parle de stratégies.

Enfin, dans la troisième partie, on étudie les outils, la mise en pratique. Comment crée-t-on un site internet ? Comment utilise-t-on les réseaux sociaux ? Twitter ? Comment fait-on les contenus ?

 

 

Vous vous appuyez sur des exemples concrets, tirés de la réalité comme celui de Greenpeace qui a terni la réputation de Nestlé…

 

En effet. Cet exemple est parlant. Il s’agit d’une vraie étude de cas. Nestlé avait été attaqué sur son huile de palme non durable qui détruisait les singes de Malaisie par Greenpeace. Les militants sont allés jusqu’à parodier une pub du Kit Kat, qui a fait un buzz terrible. Nestlé a voulu à tout prix continuer sa politique de l’autruche, même devant les messages les plus menaçants.

Ce que j’explique, c’est que le dialogue est indispensable. Nestlé aurait dû proposer à Greenpeace de se mettre autour d’une table pour trouver des solutions. Il s’agit d’anticiper.

Maintenant, ils adhèrent à l’huile de palme RSPO. Mais ils auraient dû changer tout de suite leur comportement.

 

 

Très bien… Mais dans votre livre vous expliquez également que les commentaires ne doivent pas constituer pour l’entrepreneur qu’une crainte, qu’une sorte de nuisibles. Qu’ils sont d’abord un atout…

 

Tout à fait. La réputation n’est pas seulement un risque. Elle est d’abord un atout. Elle permet de détecter les problèmes de fonctionnement en interne grâce aux avis de consommateurs sur internet. Mais il s’agit plutôt une superbe opportunité qu’un gros risque. Vous pouvez aussi trouver des ambassadeurs de la marque.

Avec la google alerte, par exemple, vous savez qui parle de vous et en quels termes dans la fréquence qui vous convient. Ainsi vous allez au devant des critiques.

Ensuite, il s’agit de faire en sorte que les leaders de l’opinion puissent relayer votre contenu en les contactant par twitter…

 

 

Et le plus extraordinaire, c’est que vous avez rédigé ça en tant que simple observateur. Vous n’avez pas d’entreprise, donc ces techniques, vous ne les avez même pas testées ?

 

Figurez-vous qu’écrire un livre le publier, c’est comme gérer une entreprise. Et par ce biais, j’ai pu me sentir concerné par ces techniques. Il faut bâtir sa réputation pour espérer vendre. Et faut croire que ça marche : il y a déjà un épuisement de mes livres à la Fnac…

 

Entreprises, gérez votre e-réputation, Les nouveaux outils pour être connu et reconnu, Loïc Bodin, éditions Pearson, 23€.