La Commission Européenne présentait mercredi 6 décembre un nouveau plan de réforme concernant la zone euro. Ce projet propose de créer pour 2019 un Fond Monétaire Européen (FME) qui permettrait à l’UE de garder plus d’indépendance vis à vis du FMI.

La Commission souhaiterait ainsi transformer le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ce mécanisme servant à gérer les crises économiques avait pu porter secours à la Grèce au moment où celle-ci était la plus menacée. Le FME aurait pour but d’être bien plus important et puissant que l’actuel MES et permettrait de se renforcer avec un fond propre de l’Union situé en Europe tandis que le FMI est lui basé à Washington.

Ce levier permettrait plus d’indépendance économique par rapport à Washington

Ce fond qui serait financé par les États-membres pourrait à la fois soutenir les pays européens en difficulté, mais aussi servir de garant pour les banques de la zone euro en cas de nouvelles crises bancaires. L’Union comme les États ont travaillé depuis des années pour renforcer leur stabilité économique, et ce FME serait un levier de plus pour solidifier l’Union Européenne.

Pierre Moscovici, le Commissaire Européen et ex-ministre de l’Économie et des Finances au début du quinquennat Hollande souhaite que ce fond devienne un «organe essentiel et responsable devant le Parlement européen» contrairement au MES qui est un organisme intergouvernemental à la charge des ministres des Finances des pays de l’Union.

Si l’idée de ce fond fait consensus, il est bon de rappeler que les États-membres doivent réussir à se mettre d’accord à l’unanimité sur les modalités pratiques du FME. Ils se réuniront le 15 décembre pour se prononcer sur la question.

L’Allemagne qui est déjà le plus gros contributeur du MES pourrait perdre énormément en influence. Il en va de même pour la France. Les droits de votes au MES sont proportionnels à la contribution économique des pays qui le financent, ce qui ne serait plus du tout le cas avec le FME.

La seconde proposition d’un Ministre Européen des Finances ne séduit pas plus l’Allemagne

Jeroen Dijsselbloem, le néerlandais à la tête de l’Eurogroupe se montre lui aussi sceptique sur la question déclarant que «le caractère intergouvernemental du MES a aidé à créer la confiance entre les États-membres».

Ces réticences pourrait pousser les États à ne pas prendre de décision le 15 décembre, mais à repousser l’échéance à un prochain sommet surtout que la Commission a accompagné ce projet d’une proposition d’un «Ministère Européen des Finances» qui cumulerait à la fois les fonction de Commissaire Européen aux Affaires économiques et monétaires, et de Président de l’Eurogroupe. Mesure qui ne séduit pas plus les États que la première.