Mesure phare du programme d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, l’ouverture du droit au chômage pour les démissionnaires a été précisé par le président au cours de son entretien télévisé chez TF1 ce dimanche 15 octobre.

La réforme était jugée floue pendant la campagne, Emmanuel Macron a dévoilé quelques unes des conditions donnant accès aux indemnisations chômages en cas de démission. La mesure faisait bondir les économistes et les techniciens du ministère du travail, la jugeant soit très couteuse (entre 8 et 14 milliards de budget la première année), soit totalement irréaliste. C’est ainsi que le président souhaite restreindre les conditions d’accès aux indemnités chômage et éviter des démissions sans but précis.

Les indemnisations seront seulement pour les démissionnaires ayant un «projet»

Pour encadrer la mesure, Emmanuel Macron souhaite que le droit à l’indemnisation ne se fasse que si le démissionnaire «a un projet», limitant la mesure à un nombre réduit de travailleurs. D’autant plus que pour limiter la facture, il veut imposer un délai, restant à fixer, de «cinq, six ou sept ans» avant de pouvoir à nouveau bénéficier d’une nouvelle indemnisation après démission.

Le ministère du travail est en pleine réflexion sur les critères à fixer pour décider de quel type de projet est viable, et comment le contrôler. Le gouvernement souhaite renforcer les contrôles des chômeurs afin de diminuer le plus possible la facture pour l’État, et Pôle Emploi connaitra aussi des changements pour accompagner le dispositif. L’État souhaite que les agents réalisent un bilan de compétences, vérifient les efforts du demandeur d’emploi et aient un suivi plus poussé qu’à l’accoutumée. À l’heure actuelle sur 54 000 agents, seuls 200 inspecteurs sont en mesure de contrôler les chômeurs.

Le président veut multiplier par cinq le nombre d’inspecteurs

Le gouvernement souhaite aussi renforcer les modalités de suppression des indemnités en cas d’absence de recherche manifeste, la procédure actuelle est longue et demande l’intervention de la préfecture. Emmanuel Macron veut aussi faire appliquer le dispositif lancé en 2008 sous Nicolas Sarkozy obligeant les chômeurs à accepter un emploi après deux refus qui n’est en pratique que rarement effectif. Emmanuel Macron compte multiplier par cinq le nombre d’inspecteurs et généraliser les contrôles.

Nous devrons tout de même attendre pour voir l’impact de cette mesure sur l’économie et son coût exact. L’opposition à travers la personne de Bernard Accoyer (LR) n’a pas tardé à tirer la sonnette d’alarme, parlant d’une réforme «catastrophique».