Marchés: cap sur 2011

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Pour les stratégistes, la nouvelle année devrait être favorable aux marchés actions.

Une nouvelle crise à la périphérie de l’euro, un chômage important aux États-Unis, une inflation visible dans les pays émergents asiatiques qui va nécessiter des nouveaux tours de vis monétaire, on pourrait croire que les perspectives pour 2011 paraissent incertaines, dans la continuité des médiocres performances boursières observées dans l’ensemble en 2010. C’est passé à côté du trait dominant de la conjoncture actuelle, à savoir la confirmation des perspectives positives de croissance pour les années à venir, non seulement dans les pays émergents, mais aussi dans les principaux pays industrialisés.
Ainsi, selon les principales banques mondiales, les actions européennes pourraient progresser de 12 % d’ici la fin 2011, soutenues par l’augmentation des résultats des entreprises et les niveaux historiquement faibles des taux d’intérêt.
Goldman Sachs, la banque américaine la plus influente du monde, est aussi la plus optimiste. Elle mise en effet sur une hausse de 20 % de l’indice Stoxx Europe 600 en 2011. L’Allemand Bayerische Motoren Werke AG (BMW) et le Britannique WPP Plc, le numéro un mondial de la publicité, pourraient voir leurs bénéfices bondir de 18 %, selon le consensus Bloomberg. « Les investisseurs estiment que les résultats des entreprises vont continuer à croître et les marges à progresser », indique Mislav Mateka, analyste chez JPMorgan Chase & Co. « Nous pensons que les prévisions de croissance des résultats des entreprises par les analystes sont actuellement par trop conservatrices », ajoute l’expert.
Les signes de cette embellie sont nombreux. BMW, le premier fabricant mondial d’automobiles haut de gamme, a annoncé le 23 novembre dernier qu’il raccourcissait la pause de Noël dans ses usines en raison de la forte demande pour ses nouveaux modèles. Pour sa part, WPP Group a publié en octobre dernier des résultats du troisième trimestre nettement supérieurs aux attentes et confirmé la reprise du marché de la publicité.
Enfin, l’Allemagne, première économie de la zone euro, a relevé sa prévision de croissance 2010, trois jours après la confirmation du sauvetage européen de l’Irlande et alors que les risques d’une contagion de la crise de la dette souveraineà d’autres pays de la zone, comme l’Espagne et le Portugal, persistent.
En 2010, l’indice Euro Stoxx 600 a progressé de 9 % dans le sillage de l’indice américain S&P 500 (+ 10 %), dopé par la décision de la Fed de racheter pour plus de 600 milliards de dollars (449,1 milliards d’euros) d’obligations afin de soutenir la première économie du monde. « Cette tendance haussière devrait se confirmer », affirme la Royal Bank of Scotland, qui mise sur un gain de 16 % de l’Euro Stoxx 600 à la faveur de la faiblesse des taux d’intérêt et du potentiel élevé de croissance des résultats des multinationales européennes.
En conclusion, même si la croissance économique reste modérée, les sociétés européennes demeurent bien, à l’image de leurs homologues américaines, dans une trajectoire de sortie de crise, et si c’est bien le cas, le diagnostic concernant les actions ne peut qu’être optimiste.