Montréal International: « Nous ciblons prioritairement les entreprises ayant un chiffre d’affaires de 100, 200 ou 300 millions de dollars »

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Attirer les investissements étrangers et les organisations internationales, Tels sont les mandats de Montréal International, qui met tout en œuvre pour favoriser l’implantation et le succès d’entreprises étrangères et d’organisations internationales dans la métropole québécoise ainsi que l’établissement de leurs travailleurs stratégiques.

Fondé en 1996, Montréal International (MI) est le fruit d’un partenariat public-privé. L’organisme a pour mission de contribuer au développement économique du Montréal métropolitain et d’accroître son rayonnement international. Dirigé par Pierre Brunet, le conseil d’administration de MI est composé de hauts dirigeants d’entreprises privées et d’administrations publiques représentant les forces vives du Grand Montréal, dont André Gamache, président-directeur général par intérim de l’organisation.

 

La responsabilité d’attirer des investissements étrangers au sein du Grand Montréal est confiée au groupe Investissement Grand Montréal (IGM), dont le vice-président est Élie Farah. En 2006, Montréal International a contribué à attirer 622 millions de dollars d’investissements étrangers dans la région métropolitaine, et, dans le cadre de 27 projets. Ces investissements, dont les deux tiers proviennent du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC), ont été réalisés à 72 % par des sociétés nord-américaines et à 28 % par des sociétés européennes.

 

Quelle est la sphère de compétence de MI ?

 

Élie Farah : « Montréal International s’est penché sur les nouveaux défis liés à la prospection des investissements étrangers dans le contexte d’un développement accéléré des secteurs de haute technologie. C’est pourquoi, depuis janvier 2007, nous avons ajouté à notre démarche de prospection géographique un volet sectoriel en sciences de la vie, en aérospatiale et en TIC, en plus de cibler de façon proactive les entreprises œuvrant dans les secteurs de l’agroalimentaire, des nanotechnologies, du transport/logistique et des technologies environnementales. Montréal International concentre également ses activités de prospection dans 18 États américains, 11 pays d’Europe et plus récemment en Chine et Taiwan. Je rappelle également que Montréal International n’est pas un organisme subventionnaire et que son offre de services repose plutôt sur des conseils stratégiques et un accompagnement à toutes les étapes de localisation. Sous la forme d’un guichet unique, Montréal International offre un ensemble de services personnalisés, gratuits et confidentiels afin de faciliter l’implantation de sociétés étrangères et d’organisations internationales. Celles-ci peuvent, entre autres, bénéficier de nos relations étroites avec les municipalités, les ministères et les réseaux d’affaires et financiers, ainsi que les intervenants clés du développement économique. Résultat : la valeur des investissements réalisés à Montréal est souvent plus importante que celle annoncée au départ. Nous ciblons prioritairement les entreprises ayant un chiffre d’affaires de 100, 200 ou 300 millions de dollars et comptant de 300 à 1 000 employés. Ces entreprises sont les plus sujettes à avoir besoin de nos services. Et nous leur faisons valoir, entre autres, l’accès à une porte d’entrée vers plus de 440 millions de consommateurs nord-américains. »

 

Quelle est, selon-vous, la face la plus méconnue de Montréal vue de l’étranger ?

 

É. F. : « L’expertise de la région en haute technologie est encore trop peu connue ! Montréal offre un milieu stimulant et dynamique, qui se caractérise par une économie de haut savoir, un fort potentiel d’innovation et une créativité unique. Saviez-vous qu’en septembre dernier, Montréal a été choisie parmi les neuf villes vedettes du Forum économique mondial de Dalian, en Chine, lors de la première rencontre annuelle des nouveaux champions ? Conçu par le Forum économique mondial de Davos, ce prestigieux nouveau rendez-vous d’affaires réunissait plus de 1 500 participants (dont quatre firmes québécoises : Alcan, CAE, Cossette Communication et Pratt & Whitney). J’y accompagnais d’ailleurs le maire de Montréal et président de la communauté métropolitaine de Montréal, Gérald Tremblay, ainsi que le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, ministre du Tourisme et responsable de la métropole, Raymond Bachand. Montréal fait donc maintenant partie d’un groupe sélect de neuf villes reconnues pour leur créativité et leur innovation. Dans le futur, je souhaiterais que l’on dise de Montréal qu’elle est la Silicon Valley du Canada ! Qu’elle ne soit pas uniquement perçue comme une ville touristique, culturelle, où il fait bon vivre, mais qu’elle soit également reconnue comme une ville de haute technologie. »

 

Et quelles sont les villes modèles pour vous ?

 

É. F. : « Boston, San Francisco, San Diego. Montréal est aussi très performante en matière d’accueil de congrès et d’événements internationaux. La ville s’est hissée, en 2006, du 3e au 2e rang en Amérique du Nord, tout juste devancée par New York. Toujours en 2006, notons du côté des organisations internationales, deux nouvelles implantations : Alternatives International, qui regroupe plusieurs organisations politiques et sociales altermondialistes, et la Chambre de commerce internationale gaie et lesbienne, ainsi que deux expansions, le Secrétariat international de l’eau et l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU). Je souligne au passage que l’ISU a connu une expansion considérable à Montréal, passant de 9 employés en 2001 à 97 aujourd’hui. La région vient également d’accueillir l’Institute of Cultural Affairs International, une organisation dont le siège était situé à Bruxelles depuis plusieurs décennies. »