Pacte de confiance : les CCI françaises dans l’expectative

169
Image%2060
Les CCI de l’Hexagone attendent beaucoup du Pacte de confiance que le président François Hollande souhaite signer d’ici juin prochain avec le réseau national. Un soutien supplémentaire aux entreprises est d’autant plus nécessaire que les indicateurs de confiance sont au plus bas.

 

C’était le 22 mars dernier, à l’Elysée. Face à André Marcon, président de la CCI France, mais aussi en présence de Jean-Louis Nesti, président de la CCI de Corrèze, François Hollande affirmait sa volonté de signer un Pacte de confiance entre l’Etat et le réseau national des Chambres de commerce. Objectif : signifier la place du gouvernement aux côtés de toutes les CCI du territoire afin d’apporter dynamisme et modernité à l’économie locale.

Les engagements du sommet de l’Etat devraient se traduire par des actions au service des entreprises dans différents domaines : l’emploi des jeunes, la simplification administrative, le financement, la modernisation de l’appareil de production et l’accompagnement dans les démarches à l’international. La signature de ce Pacte de confiance pourrait intervenir d’ici la fin du mois de juin prochain. « Les CCI jouent un rôle essentiel auprès des entreprises, particulièrement en temps de crise. En tant que représentantes des sociétés, elles sont légitimes pour être le relais des politiques sur les territoires », avait rappelé le président de la République au moment de sa promesse d’engagement. Reste à savoir ce que les chambres attendent concrètement de ces vœux présidentiels.

 

 

André Marcon a fait savoir lors de sa visite à l’Elysée que « le réseau était totalement mobilisé autour de ces objectifs et prêt à s’engager dans cette démarche en faveur du redressement économique du pays. » La Chambre de commerce de Paris souligne de son côté l’importance de définir un cadre fiscal et social clarifié et stable afin de redonner confiance aux différents acteurs économiques. Pour établir la liste de ses attentes, elle s’est appuyée sur sa dernière enquête annuelle réalisée fin 2012 auprès de 5 000 entreprises à travers le pays avec le concours de Médiamétrie. Les conclusions de cette étude révèlent « la dégradation générale » de la situation des entreprises. Plusieurs indices comme le chiffre d’affaires, la situation financière, l’investissement et l’emploi, témoignent d’un coup de frein subi par les PME plus particulièrement au cours de l’année 2012. Les indicateurs traduisent une inquiétude croissante des dirigeants sur les perspectives à venir.

 

Les grandes entreprises indiquent également un niveau d’inquiétude inhabituel. « La sinistrose ambiante et la peur du lendemain représentent des obstacles supplémentaires pour les PME. Pour leur redonner confiance, de nouveaux outils et des améliorations réglementaires constituent des éléments essentiels pour retrouver de la vigueur du dynamisme », souligne André Marcon. « Les fonds disponibles par le biais de la Banque publique d’investissement (BPI) doivent pouvoir jouer un rôle majeur. D’importantes garanties en matière de solutions de financement sont attendues par les dirigeants d’entreprise. » CCI France apporte également sa pierre à l’édifice dans ce domaine en envisageant la création d’un observatoire destiné à mesurer l’effet de levier que la BPI est censé apporter pour les entreprises. Les réflexions pourront ainsi être mieux nourries dans le cadre des comités d’orientation, qui déterminent les améliorations à mettre en oeuvre.

 

La CCI de Paris estime que le Pacte de confiance souhaité par le gouvernement français sera d’une grande efficacité si des mesures tangibles afin de favoriser l’entreprenariat et le développement des projets d’entreprise sont mentionnées. Elle confie par ailleurs que les réponses de l’enquête réalisée avec le concours de Médiamétrie doivent se lire comme un appel des chefs d’entreprise à la mise en place d’un environnement économique et fiscal plus favorable à l’entreprise. « Au-delà de l’urgence d’assainissement des comptes publics, le gouvernement doit s’atteler à l’impératif du redressement de la compétitivité nationale.

S’il faut rapidement un choc de compétitivité pour réduire les coûts de production des entreprises, ces dernières ont également besoin d’une flexibilité accrue pour s’adapter à des environnements changeants. La capacité à investir pour innover forme un préalable indispensable pour gagner en qualité », indique la Chambre. Pour André Marcon, il en va aussi du goût d’entreprendre : « fluidifier tous les systèmes autour de la création et de la gestion d’entreprise est absolument nécessaire pour donner l’envie de faire des affaires. »