Peuples d’Afrique

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L’Afrique n’est pas un pays, mais un continent. S’il s’agit d’une évidence pour beaucoup de lecteurs, cette phrase pourrait bien sonner comme un rappel chez d’autres étant donné le nombre de raccourcis verbaux entendus ici où là – tous milieux confondus – dès qu’il s’agit de géographie africaine.

L’Atlas des peuples d’Afrique, réédité le mois dernier par les éditions La Découverte, expose parfaitement la complexité géographique, mais aussi et surtout historique du continent noir. Illustré par de nombreuses cartes et par des encadrés explicatifs, le livre de Jean Sellier, géographe et historien, s’avère passionnant et accessible à plusieurs publics (du connaisseur au curieux de nature). L’approche historique est particulièrement appréciable, puisqu’elle inclut des périodes très peu proposées au grand public, inscrites dans l’ère précoloniale. Comme l’explique l’auteur lui-même dans son introduction, « c’est d’autant plus nécessaire que l’histoire des Africains avant la colonisation demeure méconnue, en particulier au sud du Sahara, parce que l’histoire de l’Afrique a longtemps été racontée du point de vue des Européens (les découvertes portugaises, les explorateurs, le partage de l’Afrique, la  » mise en valeur  » coloniale…). […] L’histoire des peuples avant la colonisation représente 40 % du récit, l’époque coloniale (qui constitue une importance charnière) 20 %, l’évolution des États africains depuis l’indépendance 40 % ».

 

L’ouvrage nous replonge dans l’Alexandrie des Lagides (dynastie fondée en 305 avant J.-C.) qui avaient fait de cette cité « le principal foyer intellectuel du monde hellénistique » dans les trois guerres puniques (264-146 avant J.-C.) ou encore dans les nombreux royaumes de la région des Grands Lacs (à partir du XVe siècle). De nombreuses pages sont notamment consacrées à l’Éthiopie, pays aujourd’hui composé de 88 millions d’habitants. Du royaume d’Aksoum (Ier siècle après J.-C.) à celui des Zagoué (1130), suivis par la dynastie salomonienne (1270-1974) et la République démocratique fédérale, le cas éthiopien est passé au peigne fin. Mais d’une façon générale, l’exposé des informations n’entre pas dans les détails, le propos de Jean Sellier étant de donner un aperçu, le plus précis possible, de la diversité historique, linguistique, géographique ou encore religieuse du continent. Pour ceux qui souhaiteraient approfondir les recherches, une bibliographie est fournie à la fin du livre dans les domaines suivants : ouvrages à caractère général, vallée du Nil, Éthiopie, Maghreb, Afrique de l’Ouest, Afrique bantoue et Madagascar.

 

Atlas des peuples d’Afrique, Jean Sellier, Éditions La Découverte (mars 2011) 208 pages, 39,90 euros