Le prélèvement à la source est une véritable arlésienne politique, ayant eu cours de 1939 à 1948, et depuis la présidence de De Gaulle à celle de Hollande les gouvernements successifs ont tous plus ou moins remis le sujet sur le devant de la scène dans leurs diverses lois de finances pour, à chaque fois, remettre le projet à plus tard. Voté fin 2016, pour une application en janvier 2018, le prélèvement à la source a ensuite été décalé d’une année par Emmanuel Macron. Après moult tergiversations cet été, il sera bel et bien lancé en janvier 2019.

Alors que les contribuables ont jusqu’au samedi 15 septembre 2018 pour choisir leur taux d’imposition, les sociétés recevront dès mardi 18 septembre les taux individuels pour calculer les nouvelles fiches de paies de leurs salariés. Ces derniers peuvent choisir entre un taux personnalisé, se basant sur les revenus du foyer, un taux individualisé qui tient compte des écarts de revenus au sein du foyer, ou encore le taux neutre qui permet aux salariés touchant d’importants revenus en plus de leur travail, de le «cacher» à son employeur et de régler directement la différence au fisc chaque mois. Les professions indépendantes ou ceux percevant des revenus fonciers pourront quant à eux être prélevé de manière trimestrielle.

Le prélèvement apparaitra clairement sur la fiche de paie

La déclaration de revenu elle, ne changera pas, elle se fera toujours entre avril et juin pour un prélèvement en septembre, il faudra néanmoins signaler tout changement de situation (mariage, naissance etc.) au fisc pour que celui-ci ajuste son taux d’imposition. À la rentrée 2019, le contribuable recevra son nouveau taux et devra soit payer la différence au fisc en cas d’acquittement insuffisant des impôts, ou bien recevra un avoir en cas de trop versé au fisc.

Bercy mobilise toutes ses ressources pour travailler en amont et ne pas connaitre de défaillance majeure en janvier 2019, et pour ensuite fignoler les derniers réajustements. Le Ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, promet lui «qu’il n’y aura aucun incident d’ampleur». Les français eux se disent favorables à la mesure et ne pas craindre de bug massif selon plusieurs sondages.