Premier métro d’Amérique centrale inauguré au Panama

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Etendue sur 13,7km, comportant 12 stations dont cinq surélevées et 7 souterraines, la ligne une du métro panaméen facilitera la vie des Panaméens. La plus puissante économie d’Amérique centrale, qui doit son essor économique au Canal pourrait bien profiter des ressorts de l’émergence des transports en commun. Et pourquoi pas servir de modèle à ses voisins ?

 

Le 5 avril 2014 était à marquer d’une pierre blanche pour les Panaméens. Idée insufflée et mise en pratique par le président Ricardo Martinelli du parti de droite Le changement démocratique, la ligne du métro de Panama est l’aboutissement de 38 mois de travaux. Il fait de ce pays, le premier d’Amérique centrale, au sens de l’OCDE (n’incluant donc pas le Mexique) à s’équiper d’un réseau ferroviaire intraurbain.

Ce chantier conduit par Alsthom, à la tête d’un consortium regroupant à 55% l’entreprise brésilienne de travaux publics Odebrecht et la société espagnole FCC (45%). Le sous-traitant français pour un contrat de 200 millions d’euros se sera chargé de l’ingénierie, l’intégration et la mise en service du lot électromécanique sur une base clef en main. Alstom a fournit également 57 voitures de métro, des sous-stations de traction et le système de contrôle des trains CBTC.

 

Depuis le 6 avril, après une période de test, la ligne a été ouverte au public. « L’idée était surtout de rendre service aux habitants pour diminuer leur temps de trajet », explique Mariana Pereira de l’Ambassade du Panama à Paris. La traversée de la ville grâce au nouveau train s’effectue désormais en 23 minutes, de 5h à 22h, tous les jours. Elle accueille déjà 15000 passagers l’heure, un chiffre qui devrait être porté à 40,000 en 2035 d’après les estimations. Comptant 12 stations, dont cinq surélevées et 7 souterraines, cet investissement de près de 2 milliards de dollars financés en partie par des banques devrait constituer un sérieux gain de temps. « Le métro peut réduire le temps de trajet de 2heures trente à 20 minutes pour certaines personnes. »

Vers trois lignes en 2025

Vraisemblablement, cette nouvelle infrastructure pourrait également alimenter le centre multimodal que constitue le Panama. Ayant pour première source de revenus les activités gravitant autour du  Canal, la création d’un réseau supplémentaire, en sus des voies ferroviaires, aérienne et maritime sera la bienvenue pour densifier les échanges des commerçants panaméens, et, logiquement désengorger les routes. Le gouvernement prévoit d’ailleurs la création de deux autres lignes dans la capitale d’ici 2025.

Bordé au nord par la mer des Caraïbes et au sud par l’océan Pacifique, le Panama est indépendant de la Colombie depuis 1903. Il affiche aujourd’hui un succès économique remarquable avec la plus forte croissance du PIB d’Amérique centrale (10,7% de croissance économique en 2012, 7,5% en 2013). Un exemple à suivre pour ses voisins comme le Costa Rica et la Colombie, qui eux, n’ont pas de métro. Pas plus que les autres Etats d’Amérique centrale que sont le Nicaragua, le Salvador, le Bélize,  le Guatemala et l’Honduras. A eux maintenant de se mettre sur les bons rails…