Le 16 novembre dernier, la CCI Hauts-de-France s’est réunie pour confirmer sa décision de fusionner les CCI Amiens-Picardie, CCI Oise et CCI Aisne avec la CCI Lille et d’en faire «de simples antennes locales», comme le soulignent les détracteurs de cette opération (voir notre précédent article). Face à cette dernière injonction de la CCI Hauts-de-France, la CCI Oise, qui est fermement opposée, a décidé de saisir la justice en référé ce 21 novembre, dans l’espoir de stopper cette fusion.

55 maires du bassin amiénois, de tous bords politiques, ont écrit une lettre ouverte à destination du président de région Xavier Bertrand, pour qu’il intervienne en faveur du maintien du schéma actuel. Au même moment, comme pour écarter directement Xavier Bertrand du jeu, Philippe Hourdain, le Président de la CCI des Hauts-de-France diffusait un communiqué déclarant que l’assemblée générale se tiendra bien le 30 novembre pour entériner cette fusion.

La fusion est une simple mise en application de la réforme territoriale de 2015

Philippe Hourdain déclare : «Les baisses de ressources successives fragilisent l’ensemble des services que proposent quotidiennement les CCI aux entreprises, aux écoles, aux infrastructures, aux ports et aéroports ou aux grands projets d’aménagement au service du développement économique. Quelle entreprise peut perdre 50 % de ses recettes et continuer à vivre comme avant, sans rien changer ? Depuis le début de l’année 2017, les CCI Hauts-de-France ont pu développer pour toutes les entreprises et tous les territoires, le fonds «Hauts-de-France prévention» doté de 20 millions d’euros, l’association des Ports Hauts-de-France, des opérations conjointes pour attirer des entreprises britanniques ou étrangères sur le sol des Hauts-de-France».

Cette transformation n’enlèvera pas l’utilité des CCI territoriales…

La CCI Hauts-de-France rappelle «qu’une CCI locale n’est ni une antenne ni une délégation, mais bien une CCI de plein exercice avec ses missions de proximité : appui à l’entreprise et à la formation, gestion de filiales, des zones d’aménagement ou des ports et aéroports du territoire. L’ensemble des projets territoriaux favorisant le développement économique local est porté politiquement par la CCI locale.»

Pour Philippe Hourdain, cette transformation est une simple mise en application de la réforme territoriale de 2015. Le vote finale sera à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui se réunira dans les locaux de la CCI Hauts-de-France le 30 novembre. Le vote ne sera pas en faveur de la CCI Amiens-Picardie et de la CCI Oise qui ne représentent qu’un quart des voix. Qui plus est la CCI Aisne -concernée elle aussi par cette fusion- soutient de son côté ce projet, ce qui n’arrangera pas les affaires des deux autres CCI picardes.

…Le président de la CCI Oise pense quanT à lui que ça serait une perte de personnalité et d’identité

C’est dans un tel contexte que la CCI Oise a choisi l’option d’un référé en justice auprès du tribunal administratif pour supprimer le vote du 30 novembre. Son président Philippe Enjolras ne veut pas que sa chambre perde sa personnalité, ni son identité. Philippe Hourdain justifie pour sa part qu’avec 12 millions d’euros de budgets en moins pour sa CCI, il est impératif de repenser le fonctionnement global des CCI. Ce dernier n’a pas souhaité commenter l’action de la CCI Oise, préférant en discuter au cours de l’assemblée générale à venir.