Pull d’automne, la serious maille

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Cet automne, le pull-over apporte une touche juvénile sans ridiculiser. La mode est au sérieux. L’élégance classique domine au bureau. After-work, la virilité s’exprime dans des pulls vintage, trash ou franchement décalés. Le look de fermier aisé et de bobo nonchalant passe le relais au college boy sérieux et au hipster, cultivant un look savamment négligé. Cet automne ne revêtira pas de couleurs flamboyantes, ni de grosses mailles. Le pull de la saison est simple, fin ou rugueux, les torsades se font discrètes. Le jacquard nordique ou péruvien de l’hiver dernier est déjà désuet. La journée sera studieuse et chic. L’homme est prié d’assagir son look et de s’habiller rigoureusement en bleu marine.

 

Bonne nouvelle pour les adeptes du chic classique et du confort : le pull fin, en laine cotonneuse ou en cachemire, se porte avec le costume sur une chemise blanche ou, mieux encore, sur une chemise à rayures bleues, toujours fines. La même rigueur est valable pour la cravate : un modèle effilé est obligatoire, sinon rien. L’Italienne Muccia Prada dessine ce total-look en bleu marine, même sans chemise ni cravate, et propose un pull au col cheminé sous le costume. De quoi se donner une dégaine très romantique.

 

Plus sérieux, chez Dior, l’actuel esprit sobre de la maison s’exprime en simple pull bleu marine sur une chemise à fines rayures bleues. D’accord, vous risquez d’ennuyer votre entourage, mais la crise financière oblige à la retenue. Dans un mélange de cachemire et de soie, Smalto vous offre une pincée de piment avec un joli col en « V » en parme, qui est – avec le marron chevreuil – la seule couleur automnale. Si vous êtes tenté par une véritable apparition fashion afin d’éveiller votre oratoire ou d’inspirer vos collaborateurs, optez pour un cardigan style vintage que propose, par exemple, le duo italien D&G en jaune pâle. Ses mailles racontent une scène de Mickey Mouse. L’esprit de la bande dessinée apporte les seuls motifs en vogue. Ils se marient à merveille avec des cravates fines et un jeans cigarette.

 

Le cardigan gris sous le costume reste de mise, mais pour vraiment être dans le mood, il vaut mieux le remplacer par le pull fin, même légèrement transparent, au détail croustillant. Zadig & Voltaire, une des marques phares françaises, les orne de patchs en cuir, quand l’Anglais Paul Smith les boutonne jusqu’au-dessous de la poitrine. La mystérieuse marque Maison Martin Margiela se réfère à son fondateur belge, spécialiste du trompe-l’œil : afin d’oublier la chemise et la cravate, son pull est décoré d’un double col, façon chemise.

 

Le même tissu en noir ressort à la taille, en forme d’un double bord. Le tour est joué. Il se porte à même la peau, un détail indispensable pour les pulls lorsqu’on renonce à la chemise. Si la maille irrite la peau, un t-shirt invisible (!) fera l’affaire en sous-main. Évitez à tout prix le faux pas en montrant un t-shirt col rond sous un pull col en « V » ! C’est ultra-ringard. Cette règle est aussi valable pendant les loisirs. Une fois le costume rangé dans l’armoire, la mode brise le sérieux et le strict. Mais un rien d’austérité persiste cependant. La laine rugueuse rend l’homme viril.

 

Les teintes sont pâles comme un paysage endormi dans le brouillard. L’esprit vintage domine. On ressort les bicolores fades du début des années 1980, simple, droit, sans fard. Cela donne une petite touche trash et un esprit rock léger. La virilité s’exprime également en col roulé, genre noir profond ou teinte marron, modèle littéraire ou homme des bois façon Mellors pour Lady Chatterley. À porter sous un costume en flanelle ou sous un manteau opulent. Bref, c’est l’année des pulls. Dans une maille fine, ces modèles sont même admis lors d’une soirée huppée, mais attention : les cols roulés n’embellissent guère les messieurs à tendance double-menton.