Quand Michael Moore pourfend le capitalisme

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Après ses critiques virulentes de l’administration Bush (Fahrenheit 9/11) et du système de santé américain (Sicko), Michael Moore signe ici un nouveau pamphlet au propos beaucoup plus généraliste.

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Dans Capitalism: A Love Story, le trublion de Flint s’attaque cette fois au capitalisme en tant qu’idéologie et l’oppose à la démocratie. Tout y passe : les expulsions massives de familles aux revenus modestes piégées par les subprimes, les multinationales qui souscrivent des assurances-vie sur le dos de leurs employés pour toucher des primes faramineuses le jour de leur décès (!), le tour de passe-passe de Goldman Sachs pour rafler 700 milliards de dollars (519 milliards d’euros) aux contribuables américains…

 

Impitoyable avec Wall Street et les Républicains (les présidents Ronald Reagan et George W. Bush en tête), Michael Moore affiche en revanche une certaine sympathie pour les Démocrates, notamment lorsqu’il fait l’éloge des présidents Franklin D. Roosevelt, Jimmy Carter et Barack Obama. Toutefois, il explique aussi comment certains représentants démocrates ont « retourné leur veste » en finissant par adopter le plan de sauvetage des banques américaines après l’avoir rejeté dans un premier temps lors d’un vote au Congrès. Comme souvent, Michael Moore se laisse aller au misérabilisme, envoyant les violons à la fin de longs plans sur des ouvriers en larmes.

 

Il n’évite pas non plus d’improbables amalgames (en quoi l’ouragan Katrina était-il une conséquence du capitalisme ?). La légitimité de certains « experts » auxquels il fait appel laisse aussi à désirer. Mais il sait également ne jamais se départir de son humour, de son envie de ne pas se prendre complètement au sérieux, et ses démonstrations retrouvent ainsi la même efficacité que celle de Roger and me, son premier film. Qu’on approuve ou pas l’homme et ses idées, Capitalism: A Love Story n’en demeure pas moins un documentaire réellement intéressant. À vous de juger…

 

Capitalism: A Love Story
de Michael Moore (sortie le 25 mars)
Durée : 2 h 06
Prix : 19,99 euros