Rencontre avec Yann de Bénazé, président de Profine France

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Yann de Bénazé, président de Profine France, nous expose les nouvelles solutions d’équipements immobiliers – notamment fenêtres et ouvertures – développées par sa société en faveur des économies d’énergie et du développement durable.

Le groupe Profine, né de la reprise et de la fusion des marques KBE, Kömmerling et TROCAL, et dont le siège est basé à Troisdorf en Allemagne, est le spécialiste de l’extrusion des profils destinés à la menuiserie extérieure (fenêtres et volets). Avec 26 % de parts de marché et un chiffre d’affaires mondial de plus de 900 millions d’euros (50 millions d’euros pour la France) pour l’année 2007, Profine emploie 3 700 collaborateurs dans 21 pays. Il est aussi à l’origine de la première formule mise au point par le laboratoire du groupe en 1994, « Greenline », un stabilisant à base de calcium et de zinc pour remplacer le plomb. Sa production en 2007 a dépassé les 300 000 tonnes de PVC !

 

Commerce International : En 2000, vous avez été parmi les premiers à mettre sur le marché la formulation du PVC sans plomb ni métaux lourds, et cela bien avant les échéances européennes liées à l’environnement ?

 

Yann de Bénazé : « Il faut rappeler tout d’abord que nous sommes un groupe allemand et que les questions liées à l’environnement sont prégnantes depuis beaucoup plus longtemps outre-Rhin qu’en France. Nous avons commencé à mener des recherches probantes sur les fenêtres sans plomb en 1994 chez Kömmerling, bien avant que tout le monde se mobilise sur le sujet. Nous sommes vraiment dans une volonté du groupe, une démarche en amont, après les fusions et rachats dès 2001 en France et en 2005 au niveau mondial. Notre production a été totalement libérée du plomb. Notre produit fini, 100 % recyclable à l’infini, est donc complètement orienté vers la protection “écologique” en étant constitutif de l’effort d’isolation, et donc d’économie d’énergie. »

 

La question environnementale est sans cesse en évolution, comment Profine s’adapte-t-il ?

 

Y. de B. : « En fait, la question environnementale est chez nous un engagement ancien. Il s’inscrit notamment dans la lutte contre l’utilisation de produits à éliminer, comme le plomb, dans toutes les industries. Nous avons fait de gros investissements au départ, notamment en termes de modifications d’outillages, et avons créé notre propre usine de préparation du stabilisant ca-zn pour notre formulation “Greenline”. Par ailleurs, les nouvelles générations de fenêtres, présentées en novembre dernier à Batimat (Salon international de la construction), voient l’ensemble de leurs performances acoustiques et isolation thermique amélioré significativement. »

 

Hormis le « PVC vert », dans quels autres domaines œuvrez-vous pour le respect de l’environnement ?

 

Y. de B. : « Toutes nos activités de production sont conformes aux directives légales et bénéficient des autorisations nécessaires. Par ailleurs, nous avons mis en place une charte d’entreprise pour capitaliser au-delà de la fabrication du PVC. Ces engagements concernent la sécurité, la santé, l’environnement, les contrôles, les consultations, la communication… Par exemple, le site de production de Marmoutier bénéficie d’un nouveau dispositif fermé de refroidissement des eaux ; les émissions sonores et de gaz se situent en deçà des tolérances légales, sans oublier le traitement des déchets, le tri des papiers, etc. Il s’agit d’une culture d’entreprise qui évolue en permanence en cohésion avec toutes les équipes. Cependant, nous sommes trop “petits” pour disposer d’un service interne dédié à l’environnement, comme c’est de plus en plus le cas dans les grands groupes. »

 

Quel est votre positionnement en France et à l’international ?

 

Y. de B. : « En 2006 et en 2007, nous avons réalisé une croissance de 18 % en Europe et généré un chiffre d’affaires de 848 millions d’euros en 2006 et de plus de 900 millions d’euros en 2007. Sur le marché de l’Europe de l’Ouest, nous prévoyons une croissance de 10 à 12 % et d’environ + 20 % pour l’Europe de l’Est, tandis que nous poursuivons notre croissance aux États-Unis et en Asie. Enfin, dans les pays du sud-est de l’Europe, notre chiffre d’affaires augmente de 22 %. Cette évolution constante nous permet de nous positionner bien au-dessus du niveau de la croissance du marché et il semblerait que cela continue… Rappelons que le groupe Profine a été racheté en août dernier par Arcapita, une des banques et fonds d’investissement majeurs du Moyen-Orient. »

 

Compte tenu de ce chemin plutôt bien parcouru, quels sont vos projets en France et à l’international ?

 

Y. de B. : « Tout d’abord, grâce à des investissements en outillages et machines de 5 millions d’euros en France sur 2006-2008, nous préparons solidement la poursuite de notre croissance. Les investissements concernent notamment les nouvelles gammes de PVC – 70 mm qui seront lancées en juin prochain, la gamme e.Motion pour KBE et la gamme e.Volution pour Kömmerling. Ces nouvelles lignes de profilés présentent des innovations techniques majeures et optent, en plus, pour un positionnement esthétique (couleurs et formes multiples). Avec ces nouveautés estampillées NF profilé de fenêtres PVC, les deux sociétés Kömmerling et KBE du groupe Profine anticipent le niveau d’exigences sans cesse croissant de la clientèle, mais aussi les évolutions législatives, fiscales et/ou du label Haute qualité environnementale (HQE) ; pour mémoire, le coefficient de performance en termes d’isolation thermique (UW) devra atteindre 1,4 au 1er janvier 2009, alors que les performances exigées se situaient depuis des années entre 2,3 et 2,6. La progression de performance est donc très nette. »