Pierre Moscovici, le Commissaire Européen aux affaires économiques et financières depuis 2014 réagit au rapport de la Cour des comptes qui a révélé un trou de 9 milliards d’euros par rapport aux prévisions de l’équipe Hollande en septembre 2016 (voir notre précédent article), et rappelle qu’aucun délai supplémentaire ne sera accordé par Bruxelles à la France pour descendre sous les 3% de déficit public.

L’ex-ministre de l’économie et des finances de 2012 à 2014 a dit sur France 2 faire confiance au gouvernement français «pour tenir ses engagements, comme je lui fais confiance pour présenter ensuite un budget 2018 qui lui permette de passer pour le coup clairement en dessous de 3%», et de rappeler «qu’une politique budgétaire sérieuse sans être austère doit être au rendez-vous». La commission européenne avait déjà repoussé à deux reprises, en 2013 et 2015 le retour du déficit à hauteur de 3% du PIB de la France.

Moscovici nie toute malhonnêteté de l’équipe Hollande dans ses prévisions

La Cour des comptes estimait la semaine dernière «insincères» les prévisions faites en Septembre 2016 par Bercy, et que sans changement dans les dépenses prévues, le déficit de la France se situerait à 3.2% à la fin de l’année. Edouard Philippe, avait qualifié d’«inacceptable» le dérapage budgétaire par rapport aux prévisions du précédent gouvernement, tout en réaffirmant la volonté de l’exécutif de maintenir le cap fixé de passer à 3% de déficit pour fin 2017.

Pierre Moscovici, qui a fait toute sa carrière politique au parti socialiste a, quant à lui, déclaré ne pas avoir «le sentiment (que ce) que j’ai eu avec le gouvernement français était un dialogue malhonnête», tout en rappelant «j’ai toujours pensé que 2,8% n’était pas réaliste. Je l’ai dit, la Commission européenne l’a dit et cela figure dans ses opinions dès l’automne dernier». Pierre Moscovici a néanmoins précisé que la France s’était engagée «à passer sous 3%». Et d’insister que «le vrai chiffre c’est 3%, pas 2,8%», tout en demandant au gouvernement d’Edouard Philippe de faire des économies à hauteur «d’au moins quatre milliards d’euros» pour respecter les engagements de la France sur 2017.

Des réformes fiscales pourraient être repoussé pour la mi-mandat

Au sujet de l’Europe, le Commissaire Européen a d’ailleurs dit «qu’à un moment où le couple franco-allemand part de l’avant pour relancer la zone euro, il est important que chacun fasse des efforts», et de rajouter que «pour obtenir la contrepartie de plus d’investissements en Allemagne, il est indispensable que la France fasse son travail à domicile».

«Si la France est exemplaire et crédible d’un côté et si l’Allemagne accepte de jouer son rôle pour une re-dynamisation de la croissance en Europe, alors l’Europe peut avoir des couleurs beaucoup plus belles», a-t-il insisté.

Selon Les Echos, la reforme sur l’ISF pourrait être repoussée à 2019, il en va de même sur la transformation du CICE en baisses de charges pour les entreprises.