Resources Global Professionals, Stéphane Kanovitch: « Notre modèle a très clairement tourné le dos à celui des Big 4 »

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Dans le domaine du conseil aux entreprises, la figure du consultant brillant qui pose un diagnostic et s’en va travailler ailleurs sur une autre mission est toujours celle qui prédomine. Cependant, les entreprises ne peuvent plus se contenter de beaux rapports qui finissent souvent au fond d’un tiroir. Dans un monde entrepreneurial où le management par projet prend de plus en plus d’importance et où l’échec est interdit, la réussite dépend avant tout de la mise en œuvre et de l’exécution. C’est sur ce créneau du conseil opérationnel que s’est lancé, il y a douze ans aux États-Unis, Resources Global Professionals (Resources). Au départ émanation de la branche conseil de Deloitte & Touche, l’un des Big 4 de l’audit et du conseil en management, Resources est désormais une firme indépendante cotée au Nasdaq, qui compte 4 100 collaborateurs dans 20 pays et qui connaît depuis 6 ans une croissance annuelle moyenne de 28 %. Installée depuis 2005 en France, Resources, dont le siège américain est basé en Californie, opère dans tous les secteurs d’activité. La filiale française compte 35 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros (2007-2008).

 

« Notre modèle a très clairement tourné le dos à celui des Big 4, explique Stéphane Kanovitch, président de Resources France et ancien consultant chez PriceWaterhouse Coopers. Contrairement à eux, nous employons des professionnels qui ont au moins dix ans d’expérience en entreprise et qui travaillent au sein d’un réseau mondial intégré, ce que le modèle classique du cabinet rend le plus souvent difficile chez les Big 4 ». Spécialisée dans quatre domaines (finances et audit, achats, RH, management de l’information), Resources, qui se définit comme une société de prestation de services intellectuels, intervient lors de toutes les étapes de la vie de l’entreprise. Qu’il soit expert en conduite du changement, en réorganisation post fusion-acquisition ou en amélioration de la performance, le consultant est le plus souvent un salarié recruté directement, à l’occasion un freelance reconnu pour son expérience et lui aussi spécialement recruté par Resources. « Nous n’avons absolument rien à voir avec le monde de l’intérim, précise Frédéric Petit, directeur service client (CSD) responsable de la pratique Achats & Supply Chain. Nos collaborateurs ne sont jamais laissés à eux-mêmes pendant leurs missions. Ils sont aidés par les CSD et les communautés d’experts partout dans le monde ». Le mode d’intervention de Resources ne remplace pas le conseil au sens strict, mais vient le compléter en aval. Il correspond à une vraie demande des entreprises qui ne disposent pas le plus souvent en interne des ressources humaines nécessaires et disponibles pour faire face à un portefeuille croissant de projets qui s’additionnent.

 

« Les entreprises se rendent compte que les plus beaux projets n’échouent pas parce qu’ils sont techniquement mauvais, mais parce qu’ils sont mal exécutés, estime Stéphane Kanovitch. D’où la préoccupation croissante des clients sur la mise en œuvre opérationnelle ». À cela s’ajoute la nécessité absolue et stratégique de ne plus lancer des projets qui dépassent les budgets et le timing prévus. « La tolérance à l’échec des projets est aujourd’hui proche de zéro », poursuit Stéphane Kanovitch, pour qui l’intervention d’un expert est avant tout conçue comme un transfert de compétences occasionnel et ponctuel vers l’entreprise cliente. Les interventions peuvent aller d’un mois à deux ans et incluent aussi des missions de management de transition (mise à disposition d’un directeur administratif et financier dans le cadre d’un remplacement par exemple). La quarantaine de missions menées à bien par Resources France en 2008 s’effectue le plus souvent dans l’Hexagone, mais également à l’international, pour accompagner une filiale française à l’étranger. Les clients sont aussi bien des moyennes entreprises que des grands groupes cotés ou non. Parmi ceux-ci Nissan Europe, pour qui Resources a par exemple mené à bien un projet de réduction global des coûts. Raisons du choix : « l’expérience, le fait d’avoir mené des projets similaires avec succès ainsi que le transfert de compétences… ».