S. Salvetat, président de la CCI franco-turque : « La Turquie, c’est l’usine de l’Europe »

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Comment s’est développé cette CCI franco-turque ?

On compte déjà 1000 entreprises qui sont passées par chez nous. Le siège est à Paris depuis 2012, après avoir été à Marseille depuis sa création en 1975. D’autres antennes ont été ouvertes, à Bordeaux, en 2008, à Lyon en 2009, à Strasbourg en 2012 et à Toulouse.

Le principe, c’est que le siège prend sous sa tutelle chacune des agences provinciales. Aujourd’hui, si on compte 145 membres environ, on peut dire que nos bureaux dépendent de l’activité de leurs membres.  Nous n’avons plus aujourd’hui de permanents. Par l’essence même de cette chambre, les membres sont très impliqués.  

 

Où en sont les relations entrepreunariales entre les deux pays ?     

Aujourd’hui, on compte entre 30 et 45 sociétés turques en France, alors qu’on en compte plus de 600 en Hollande, 1000 en Italie et 2000 en Allemagne… Ce chiffre peut être étonnant quand on sait que la France vend 6 milliards d’euros de produits à la Turquie et, dans le sens inverse, la Turquie enregistre un peu plus de 5 milliards d’euros  d’exportations vers la France…

La grosse entreprise turque qui fonctionne en France, c’est Vestel, le deuxième producteur mondial de télés, que l’on retrouve dans les marques Carrefour, Conforama et Samsung, ou encore sous la bannière de Telefunken. On connaît mieux Beko, l’entreprise d’électroménager… Mais il y a aussi Godiva, rachetée par les Turcs il y a quatre ou cinq ans, Villeroy-Boch…

 

 

Et puis, il y a aussi tous ces camions qui transitent entre la France et la Turquie : quel est le commerce caché derrière ?

Un million de camions transite entre l’europe et la Turquie chaque année. Certains chauffeurs ne font que ça, et, la ligne directe de Turkish Airlines aide désormais les conducteurs à revenir plus rapidement. Depuis 2010, il existe une ligne Roro (navire roulier qui transporte des camions sans chauffeurs) entre Istanbul et Toulon (40.000 à 50.000 camions annuellement de capacité).  Le Roro, c’est ce que l’on appelle l’autoroutes des mers.  Il existe également 7 navires portes conteneurs  semaines entre la France et la Turquie. 

 

 

Qu’est-ce que peut apporter la Turquie à la France ?

La Turquie est la deuxième croissance mondiale depuis 2000, derrière la Chine évidemment. La Turquie, c’est l’usine de l’Europe. On l’ignore, mais cette treizième puissance mondiale est très forte en linge de maison, avec Zorlu, par exemple, en construction automobile puisqu’on y fabrique des voitures Toyota, Ford, Hyundai… C’est un pays industriel qui travaille très bien. Une entreprise comme Levis a d’ailleurs quitté la nord de la France pour s’y implanter : les écarts de prix ne représente que 6% de la valeur d’un jean’s.

La Turquie est le pays du reassor par excellence, le lieu des fournisseurs d’extra-production. On y parle le français, on y est bien éduqué…

 

 

Quelles sont vos actions, les missions qui vous occuperont en 2014 ?

On va organiser des classes export, inviter la chambre de commerce de Gaziantep et nous avons des conférences prévues dans les chambres de Marseille, Lyon et Paris sur la vente de produits en Irak via la Turquie.