Sans surprise, les entreprises du luxe sont épargnées par la crise

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©Gucci
Loin du marasme économique, les géants du secteur du luxe affichent des performances exceptionnelles.

Un sans-faute. En dépit de la crise, les géants du luxe ont présenté des résultats trimestriels exceptionnels, soutenus par l’appétit insatiable de la Chine pour leurs produits. Mi-novembre, le groupe suisse Richemont, propriétaire des marques Cartier, Montblanc, Jaeger-LeCoultre et Van Cleef & Arpels, a suscité l’enthousiasme des analystes en annonçant un chiffre d’affaires en hausse de 29%, à 4,21 milliards d’euros. Mais aussi un résultat d’exploitation en progression de 41% et un résultat net en augmentation de 10%. Lucide, le PDG, Johann Rupert, a reconnu que son groupe « allait faire face à l’impact des problèmes économiques mondiaux sur le secteur du luxe ». Pour autant, Richemont prévoit un résultat d’exploitation 2011-2012 « largement » supérieur à celui de 2010-2011, déjà exceptionnel. Mieux, au moment où l’essentiel du secteur industriel s’est lancé dans la course au désinvestissement, le groupe helvète a pu confirmé son programme d’investissement à long terme marqué d’ores et déjà par la création de plus de 2 000 emplois en Suisse.

 

De son côté, le sellier français Hermès a promis de battre en 2011 « les meilleures ventes de son histoire », pour viser les 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De fait, au troisième trimestre, la maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré a vu ses ventes bondir de 16%, à 683,2 millions d’euros. Alors que le quatrième trimestre s’avère traditionnellement fructueux pour le secteur, Hermès a relevé, pour la deuxième fois, sa prévision de chiffre d’affaires annuelle, puisqu’il vise désormais une progression des ventes à taux constants de 15% à 16%, contre « 12 à 14% » précédemment. « L’atteinte de cet objectif est fortement conditionnée par la capacité des métiers à répondre à l’accélération de la demande en prévision des fêtes de fin d’année », a cependant souligné le groupe. Enfin, il prévoit une marge opérationnelle courante, exprimée en pourcentage des ventes, supérieure au niveau historique de 27,8% atteint en 2010. Le pôle luxe de PPR (Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent…) s’est également distingué.

 

Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires a grimpé de 23,1%, à 1,28 milliard d’euros. Signe de la confiance affichée dans l’avenir du secteur, PPR s’est emparé mi-novembre du tailleur italien Brioni. Cette acquisition, qui intervient après celle de l’américain Volcom et de la manufacture horlogère suisse Sowind Group, s’inscrit dans la stratégie de PPR consistant à faire de petites acquisitions ayant un important potentiel de développement, notamment en Asie. Cette bonne santé insolite se retrouve chez les autres grands groupes européens. L’allemand Hugo Boss a relevé ses objectifs de résultats à l’horizon 2015. Prada, désormais cotée à Hong Kong, a pour sa part publié un bénéfice net semestriel de 179,5 millions d’euros. Soutenu par l’Asie, la griffe italienne envisage l’ouverture de 80 nouvelles boutiques par an. Une stratégie confortée par la dernière étude du cabinet Bain & Compagnie, selon laquelle les consommateurs chinois représentaient déjà 20% de la consommation mondiale.