Sécurité routière: de l’écoconduite à l’écomobilité

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Photo : D.R.
Partenaire privilégié du ministère en charge des Transports, l’Inserr met son expertise à la disposition des entreprises à travers des formations spécifiques.

L’Institut national de sécurité routière et de recherches (Inserr) est un organisme de formation dédié à la sécurité routière en France. Créé le 26 mars 1993 sous la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), il a été prorogé à deux reprises, en mars 2003, puis en juin 2009, pour une durée de trois ans. « Le GIP est un statut pertinent, estime Jean-Marc Sangouard, directeur général de l’Inserr. Il nous permet de fonctionner à la fois comme une entreprise et une administration pour le compte d’acteurs publics et privés de la sécurité routière. » Ainsi, son assemblée générale regroupe quatre collèges : des représentants de l’État, des collectivités locales, des professions privées du métier de l’automobile (assureurs, constructeurs, garagistes, enseignants de la conduite, experts…) et d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
Première activité de l’Inserr : concevoir et mettre en œuvre la formation des différents acteurs de la sécurité routière. Dans ce cadre, l’institut a en charge la formation initiale (37 semaines) et continue des inspecteurs du permis de conduire et des délégués à l’éducation routière, celle des animateurs de stages de récupération de points sur le permis de conduire (5 semaines), des médecins appelés à siéger dans les commissions médicales primaires du permis de conduire (3 jours) et des experts automobiles compétents pour les véhicules gravement accidentés (2 jours).
Par ailleurs, l’Inserr a une vocation de centre d’études et d’expérimentation – ce qui a justifié, lors de sa prolongation de mars 2003, le changement de dénomination d’« école » pour celle d’« institut ». À ce titre, l’Inserr met en œuvre des programmes d’études et de recherche appliquée, notamment pour le compte de la Direction de la sécurité et de la circulation routières du ministère des Transports.
Côté moyens, l’Inserr est installé dans des locaux, au centre de Nevers (Nièvre), qui comprennent 11 salles de cours équipées, 40 chambres et un service de restauration interne. Ses équipes comptent une vingtaine de permanents auxquels s’ajoutent chaque année 150 à 180 prestataires. Son budget est quant à lui assuré par la vente de ses prestations (formations et études) sans subvention d’aucune sorte. En 2009, son chiffre d’affaires s’est élevé à 2,5 millions d’euros. « Entre 2003 et 2005, nous avons formé 450 inspecteurs du permis de conduire, développe Jean-Marc Sangouard. Quand cette demande a diminué, en 2006, nous avons dû développer de nouvelles activités pour pallier la diminution des recettes. Auparavant, les commandes du ministère représentaient de 90 à 95 % de l’activité de l’Inserr ; aujourd’hui, elles ne comptent plus que pour la moitié. »
Ainsi, l’Inserr a mis en place des programmes spécifiques destinés aux organismes publics et privés. Parmi ceux-ci : l’« écoconduite » et l’« écomobilité ». « L’objectif est d’abord de changer sa façon de conduire en cherchant à consommer moins de carburant, donc à moins polluer, explique le directeur général. Ce concept, qui permet
d’atteindre des objectifs écologiques et économiques, a pour conséquence l’adoption d’une conduite apaisée, qui génère une amélioration du niveau de sécurité des déplacements. Avec ce programme, certains ont pu réaliser des économies de carburant entre 7 et 15 % et réduire de moitié leur sinistralité. L’écomobilité a pour sa part un objectif plus ambitieux : il s’agit de réfléchir sur les motivations de ses déplacements afin de les gérer différemment. »
Pour ces programmes, l’Inserr décline une gamme de produits pédagogiques qui comprennent cinq niveaux d’intervention, de la conférence généraliste à la formation de formateurs. « En enseignant les fondements de l’écomobilité et la pédagogie nécessaire à des formateurs, nous nous positionnons sur un champ peu concurrentiel », précise Jean-Marc Sangouard. Ces formations ont déjà séduit le ministère de l’Économie et des Finances, les services de Matignon, mais aussi des collectivités locales et des entreprises – des sociétés de transports (bus, camions) à des grands comptes comme EDF. Au total, quelque 65 formations pratiques et théoriques ont regroupé plus de 360 stagiaires en 2009, et 6 sessions de formation de formateurs
ont accueilli plus de 30 personnes. « Cette activité devrait peser pour 15 % de notre chiffre d’affaires en 2010, contre seulement 5 % en 2009, se félicite le directeur général de l’Inserr. Sur les huit premiers mois de l’année, nous avons déjà accueilli plus de 500 stagiaires ! »