Société générale Algérie concentre ses efforts sur sa politique de services

80
Présente en Algérie depuis 1999, la Société générale a su innover en déclinant les expériences positives de son réseau.

 

société générale_sept09

Gérald Lacaze, président du directoire de Société générale Algérie (SGA), dresse un portrait en demi-teinte de l’économie algérienne : « La crise est venue en rappeler les faiblesses : des exportations qui reposent sur le tout-pétrole et une forte dépendance vis-à-vis de l’étranger pour les biens d’équipements. Or, comme la consommation des ménages a poursuivi sa progression, les importations ont augmenté, alors que les exportations chutaient avec la baisse du cours du baril. Conséquence : la balance commerciale, largement excédentaire en 2008, ne l’est plus que légèrement au premier semestre 2009… » Mais cela ne doit pas faire oublier les ressources du pays : « L’Algérie dispose de sérieux atouts avec ses richesses naturelles, une population jeune et de grands programmes d’infrastructures en cours de réalisation, nuance le président de SGA. Surtout, c’est le marché le plus important du Maghreb. » Ainsi, de grands groupes internationaux issus de tous les secteurs y sont présents, mais aussi plusieurs centaines de PME européennes. « Pour les Français, les liens affectifs demeurent », témoigne Gérald Lacaze. Et le secteur privé algérien se développe également, principalement autour de grandes PME familiales.

 

« Ces entreprises se structurent et prennent de l’importance, analyse le président de SGA. Même si elles sont pour l’instant tournées vers le marché intérieur, elles devraient s’ouvrir à terme vers l’international. » Présente dans le pays depuis 1999, la Société générale a ouvert sa première agence en 2001, à Alger. Elle emploie aujourd’hui 1 300 salariés répartis dans 54 agences. Parmi celles-ci, deux sont dédiées aux grandes entreprises nationales et internationales ; les autres, des agences de proximité, couvrent pour moitié le Grand Alger et pour l’autre le reste du pays. « Le secteur bancaire algérien est à deux composantes, explique Gérald Lacaze. D’un côté, les banques publiques détiennent 90 % du marché. De l’autre, les banques privées – toutes à capitaux étrangers – se partagent les 10 % restant et n’ont pas accès au marché des entreprises publiques. Mais cela ne nous a pas empêchés d’être le premier acteur privé à développer un réseau national de proximité. » SGA est aujourd’hui capitalisé à hauteur de 5,5 milliards de dinars (environ 53 millions d’euros), et doit très prochainement porter ce montant à 10 milliards. Sa clientèle comprend à la fois des professionnels (professions libérales, commerçants et artisans…, soit 10 000 clients), des entreprises (de la multinationale à la petite société, soit 10 000 clients également) et des particuliers (210 000). Les entreprises représentent deux tiers des engagements au bilan et environ 85 % en incluant le hors-bilan. « Nous accompagnons entre autres les entreprises étrangères dans leur installation en Algérie, précise le président de SGA. Il nous faut à cette fin rester très vigilants face aux évolutions de la législation. Par exemple, depuis une instruction du Premier ministre de fin 2008, confirmée par la dernière Loi de finances, la majorité de l’actionnariat d’une société doit appartenir à des nationaux résidant en Algérie. Autrement dit, un investisseur étranger ne peut plus être que minoritaire. Cela a freiné et continue de freiner un certain nombre de projets… »

 

Par ailleurs, SGA a récemment ralenti un programme d’ouverture d’environ 30 agences. « Une disposition de la Loi de finances de juillet a limité l’octroi de crédits bancaires aux particuliers aux seuls prêts immobiliers, indique le président de SGA. Cette mesure aurait été prise pour éviter le surendettement des particuliers et limiter les importations. Mais elle risque aussi d’avoir des effets négatifs sur la production nationale tout en favorisant le recours à l’usure… » SGA concentre ses efforts sur sa politique de services. « Nous souhaitons apporter à nos clients en Algérie l’expérience d’un groupe international, développe Gérald Lacaze. Nous essayons de nous rapprocher des standards européens en donnant des réponses rapides et efficaces et en apportant la meilleure qualité possible en matière de conseil et d’accueil. À cette fin, nous nous appuyons sur les expériences positives du réseau Société générale et sur un programme de formation de nos jeunes recrues. Nous avons ainsi été les premiers à lancer des offres de leasing pour les professionnels et les entreprises, à mettre en place des produits d’épargne-logement pour les particuliers, ou encore à ouvrir un call-center et à offrir des services d’internet-banking. »