Taxis : la responsabilité de l’Etat pointée du doigt

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Agresser les chauffeurs de UberPoP n’était pas – et il en convient – la réponse adaptée à un mécontentement grandissant des taxis, enregistré de leurs côté depuis plusieurs mois.

 

L’existence des VTC et d’UberPoP – d’ampleur internationale – qui sont apparus depuis quatre ans comme un tsunami en France, les ont ramené à faire face à leur réalité, incarnant un système fiscal lourd qui avait atteint depuis longtemps ses limites mais qui s’agitait en sous-terrain avec des difficultés d’obtention de licence pour les uns, des ras-le-bol fiscaux pour les autres, la colère de voyageurs face à certaines attitudes de taxis leur refusant illégalement une course pour des trajets jugés trop courts, des difficultés à trouver un taxi à certaines heures de la nuit dans certains lieux, et enfin un manque de qualité de service. 

C’est pourtant donc cette même situation qui a conduit à la création des VTC et d’UberPoP, dont la naissance n’est que le résultat presque logique d’un système devenu vraisemblablement inefficace.

 

Ce soulèvement soudain est à l’image de la France, rugissant face à un système devant lequel elle est elle même attentiste, et inactive. Ces événements traduisent une attitude réactive, violente et de surcroit inadaptée, face auxquels il aurait été judicieux d’agir activement, et de donner une réponse pro-active, dans les deux sens du terme. 

 

« Mieux vaut prévenir que guérir », dit le dicton. Aujourd’hui les taxis doivent guérir d’un mal qu’ils ont laissé se répandre, en tenant responsables les VTC et UberPoP. Pourtant, à la question : « Qui sont les responsables de la situation économique des taxis aujourd’hui ? », la réponse qui va de soi accuse : « Qui a créé et laissé se dégrader le système fiscal, tarifaire et économique des taxis ? ».

 

L’inadaptation des rouages juridico-fiscalo-économiques, de façon générale dans l’Hexagone et en particulier concernant les taxis, est la première cause. 

 

Au même titre que la mondialisation et que la numérisation, « l’ubérisation » est en marche. A défaut d’avoir essayé de se moderniser plus tôt dans sa structure interne, la profession des taxis en paye aujourd’hui le prix dans un monde économique qui change mais dont les nouveaux modèles sont encore en gestation.

 

Inévitablement, le système économique des taxis est au bord de la rupture. La naissance des VTC et surtout d’UberPop

en fut le premier symptôme. La violence ressort comme le mauvais antidote : une grève des utilisateurs de taxis est prévue mercredi.

 

A l’Etat de faire face à ses responsabilités.

 

 

Virginie Lebrun, actu-cci.com, commerce international.