Yvon Hell, Société de Gestion Fiduciaire: « Le Luxembourg est une excellente plate-forme pour entrer sur le marché commun ou se développer à l’international »

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Surtout, ne dites pas à Yvon Hell, associé-gérant de la Société de Gestion Fiduciaire (SGF), basée au Luxembourg, que le Grand-duché est un paradis fiscal. « L’impôt sur les bénéfices y est d’environ 30 %, l’impôt sur le revenu à un niveau semblable à ce qui se fait ailleurs en Europe, explique cet expert-comptable diplômé par l’État français. Néanmoins, le Luxembourg présente un certain nombre d’intérêts pour les entreprises, notamment pour l’accès à d’autres marchés. C’est en effet une excellente plate-forme pour entrer sur le marché commun ou, en ce qui concerne les entreprises européennes, se développer à l’international. » Parmi les avantages du Grand-duché : une main-d’œuvre multilingue et qualifiée, des charges sociales faibles, une exonération d’impôts – sous certaines conditions – des dividendes perçus par les holdings qui y sont domiciliées, ou encore une exonération à 80 % de tous les revenus issus de la propriété intellectuelle. « Ces mesures s’expliquent par la volonté du Luxembourg d’attirer les investisseurs internationaux, indique Yvon Hell. Celle-ci se traduit également par la présence d’excellents centres de recherche, pour les biotechnologies par exemple. Sans oublier que le Luxembourg étant un petit pays membre de l’Union européenne, une entreprise peut y avoir plus facilement accès aux aides communautaires dans la mesure où les quotas nationaux ne sont pas toujours consommés… »

 

Surtout, la place luxembourgeoise a été nettoyée de ses abus passés. Un virage opéré il y a maintenant une dizaine d’années. La loi du 31 mai 1999 sur la domiciliation des sociétés a ainsi réservé cette activité à des professions régulées – notaires, banquiers, avocats, experts-comptables, réviseurs d’entreprises… – et à certaines sociétés agréées par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF). Par ailleurs, un Ordre des experts-comptables (OEC) y a été institué en 1999. Une réglementation bienvenue, selon Yvon Hell : « Avant cela, il était possible d’ouvrir une fiduciaire sans avoir de réelle compétence, dénonce-t-il. Certaines personnes peu scrupuleuses se sont engouffrées dans la brèche et ont ouvert des “ officines ” qui vendaient du paradis fiscal, avec tout ce que cela pouvait avoir de négatif pour l’image de la place financière. Mais désormais, les professionnels étant pénalement responsables, ils s’assurent que les sociétés qu’ils domicilient respectent toutes leurs obligations légales. » Créée en 1993, SGF est membre de l’Ordre des experts-comptables (OEC) et emploie 14 salariés. « Notre caractère multiculturel est réel, se félicite l’associé-gérant. Notre cabinet compte huit nationalités différentes et parle dix langues, ce qui nous permet d’adapter nos services en fonction de la culture de nos clients. » Une clientèle diversifiée tant dans ses origines géographiques – 42 nationalités –, ses domaines d’activités – commerce, services, industrie – que sa taille – des commerçants locaux aux groupes internationaux. « Et nous avons les avantages d’une petite structure : une relation étroite et durable avec nos clients et un turn-over minimal dans le personnel, ajoute l’associé-gérant. Cela nous permet de suivre nos clients et de les accompagner dans leur développement. »

 

Les activités de SGF couvrent un large spectre : planification et conseils fiscaux, gestion patrimoniale, ingénierie financière (recherche de financements auprès des banques et des fonds d’investissement, restructuration de patrimoines…), constitution et gestion de sociétés, et, bien sûr, expertise-comptable. « En fonction d’un projet d’entreprise – création, développement ou cession – ou personnel – investissement, succession… –, nous recherchons l’organisation adéquate afin d’optimiser les valeurs créées et possédées, développe Yvon Hell. Dans la structuration que nous mettons en place, nous pouvons faire intervenir des sociétés de toute juridiction, car nos solutions sont personnalisées en fonction des besoins. Cela nécessite bien sûr de très bonnes connaissances des législations luxembourgeoises et étrangères. » À cette fin, SGF peut s’appuyer sur un réseau international de professionnels – avocats, experts-comptables, commissaires aux comptes… – en tant que membre de l’ACEE (Auditeurs, Consultants, Experts Européens). Et son associé-gérant regarde l’avenir avec confiance : « C’est en période de crise qu’une entreprise a besoin de disposer de l’organisation la plus performante possible afin de gagner de nouveaux marchés et réduire ses coûts. Et plus on anticipe dans ce genre de projet, mieux c’est. »