Zoom sur le groupement d’indépendants Les Briconautes

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Cinquième groupe de distribution de produits de bricolage en France, l’enseigne Les Briconautes connaît des taux de croissance importants sur un marché stable. Cette réussite économique est en bonne partie due à l’application d’un modèle économique un peu particulier. Explications.

Les Briconautes_oct08

Si le commerce intégré, le commerce associé, le commerce indépendant et la franchise ont tous leurs avantages, les arguments et les exemples ne manquent pas pour faire l’éloge du système des adhérents. L’enseigne Les Briconautes, qui fêtera en 2009 ses quinze années d’existence, utilise ce modèle économique alternatif depuis sa fondation. À l’origine, une dizaine de chefs d’entreprises se réunissent dans un groupement d’intérêt économique baptisé Le Club pour aider à développer des entreprises de bricolage ou de jardinage. Le fonctionnement de la centrale est très souple : celle-ci ne compte que 25 collaborateurs, ne possède pas de magasin en propre et, fait rarissime, ne perçoit aucune cotisation.

 

Le droit d’entrée est presque symbolique : 3 000 euros seulement. Les prestations d’accompagnement, réalisées lors de la création du point de vente, sont gratuites, et l’entrepreneur ne paie que son étude de marché préalable. Pour ses adhérents, la centrale des Briconautes est en fait une société de services présente dans trois métiers. Les Briconautes sont premièrement une centrale de référencement plus qu’une centrale d’achat. « Cela veut dire que notre centrale négocie des tarifs auprès des fournisseurs et que nos adhérents achètent leurs produits directement auprès d’eux, sans passer par nous », explique Philippe Obry, PDG des Briconautes et propriétaire de 14 magasins de l’enseigne. Deuxièmement, Les Briconautes ont une activité de communication, puisque la conception publicitaire, les tracts ou encore la sérigraphie ont été internalisés ; la centrale possède des équipements de pointe, notamment un studio d’enregistrement.

 

Et troisièmement, Les Briconautes proposent des outils de gestion : la centrale aide ses adhérents dans leur compte d’exploitation, assure leur formation et règle les problèmes d’informatisation. « Nous intervenons en qualité d’auditeur, nous ne contrôlons que ce que fait le comptable de l’adhérent, souligne Philippe Obry. Nous intervenons aussi auprès des banquiers et assistons le chef d’entreprise dans le développement de son point de vente ». Grâce au fonctionnement souple et économique de leur centrale, Les Briconautes continuent de gagner des parts de marché et se sont récemment associés au groupe Cofaq (quincaillerie et bricolage) et au groupe Pollen (jardinerie) en fusionnant les centrales d’achat et de référencement. Cette réussite économique devrait se poursuivre dans les années à venir. Le marché du bricolage en France, véritablement né dans les années 1970, est certes arrivé à maturité il y a huit ans maintenant.

 

Mais les grandes surfaces de bricolage comme Les Briconautes ne cessent de voir leurs parts de marché augmenter au détriment des grandes surfaces alimentaires, de la vente par correspondance, des négoces et des commerces spécialisés (drogueries, quincailleries…). En tout, les grandes surfaces de bricolage représentent 75 % du chiffre d’affaires du marché du bricolage, qui est le 4e marché de grande consommation en France après l’alimentaire, l’automobile et l’acquisition d’habitat. D’une manière générale, le marché du bricolage a des raisons de croire en l’avenir : le commerce est peu touché par la vente via Internet (car il s’agit de produits spécifiques), le prix de l’essence augmente (or, le bricolage ayant pour concurrent le marché de l’automobile et celui des loisirs, il bénéficie de reports d’achats intéressants) et le marché se professionnalise avec une diminution du nombre d’intervenants.

 

Chiffres clefs

– 385 points de vente dont 185 sous enseigne Les Briconautes, 85 magasins ayant leur propre enseigne, 50 Briconégoces et 65 jardineries

– Taille moyenne d’un point de vente : entre 1 500 et 3 000 m2

– 3 500 salariés

– Chiffre d’affaire annuel moyenpar magasin : 2,3 millions d’euros

– Chiffre d’affaires 2007 : 650 millions d’euros

– 5e groupe pour la distribution de produits de bricolage en France