Technisem concentre ses activités sur les pays africains

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Des tomates, des choux, des carottes, mais aussi des gombos, des piments, des aubergines africaines. L’offre de Technisem comprend des légumes de toutes sortes, des plus exotiques aux plus classiques. Depuis sa naissance, en 1985, la société du Maine-et-Loire est spécialisée dans la production de semences potagères spécialement adaptées aux régions tropicales. L’Afrique subsaharienne concentre 85 % de ses clients finaux, essentiellement composés d’agriculteurs. Les 15 % restant de la production sont destinés aux Caraïbes et au Moyen-Orient.

« Les espèces indigènes et variétés spécifiques constituent la particularité de l’offre de Technisem. Notre objectif est de fournir de semences de qualité spécifiquement élaborées pour les pays africains. Il n’existe pas d’autres acteurs aussi spécialisés dans ce secteur. Nos concurrents sont surtout de grandes multinationales, avant tout focalisées sur l’Europe, et qui ne se tournent vers l’Afrique que dans un deuxième temps », explique Ronan Gorin, président directeur général de l’entreprise.

La société ne vend pas directement aux paysans locaux. Elle collabore avec des distributeurs qui commercialisent les semences à des acteurs spécialisés qui eux-mêmes se chargent de la revente au sein des différents pays. « Dans la mesure du possible, nous faisons le choix d’avoir un seul partenaire distributeur par pays. C’est notamment le cas en Algérie, en Tunisie, en Libye. Certaines sociétés ont un contrat d’exclusivité avec Technisem. En contre-partie, nous nous engageons également à ne travailler qu’avec eux. Le fait de diminuer au maximum les contacts facilite les collaborations et leur efficacité », souligne Claude Duranton, directeur export de l’entreprise. Un tel mode de fonctionnement permet aussi de créer un meilleur climat de confiance, ce qui est essentiel, car au moment de l’achat, le client n’a pas de garanties sur la qualité des récoltes qui peuvent être obtenues à partir des semences.

Pour des raisons historiques, l’Afrique noire francophone fait partie des premières destinations identifiées, avec, notamment, le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cameroun. Au fil des années, l’activité s’est développée vers l’Afrique anglophone, à l’est du continent, et vers les DOM-TOM. Technisem se développe aujourd’hui au Maghreb et au Moyen-Orient. Le positionnement stratégique de l’entreprise est d’autant plus intéressant à l’heure où le continent noir se développe à grande vitesse et connaît une véritable explosion démographique. En 1950, l’Afrique comptait 220 millions d’habitants. La population a dépassé le seuil du milliard en 2009, et ce chiffre aura encore doublé d’ici 2050. « C’est un défi colossal. Les perspectives de ce marché sont très prometteuses. Selon la FAO, il faut multiplier par 5 la production agricole pour atteindre l’autosuffisance. Notre développement s’inscrit également dans le souci de contribuer à assurer la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne », confie Ronan Gorin. La production se fait dans une vingtaine de pays à travers le monde. Les semences potagères proviennent d’États africains, de Chine, des États-Unis, d’Australie, mais également de France, du Danemark ou d’Ukraine… Le choix des terres à ensemencer se fait en fonction du climat nécessaire pour la production et du degré de mécanisation du travail atteint dans la région.

Technisem a développé un réseau de production international de sociétés généralement indépendantes auprès desquelles elle signe des contrats de multiplication de semences. « Nous leur transmettons les variétés issues de notre recherche qu’elles produisent en grande quantité avec des critères de qualité, de germination, d’humidité, de pureté variétale correspondant aux standards de fabrication. Les productions sont ensuite rapatriées en France pour procéder au conditionnement et aux contrôles qualité », poursuit Anthony Gorin, responsable des activités Recherche et Production de l’entreprise.

La variété des créations et le haut degré de qualité du produit final sont le fruit des travaux de recherche réalisés en amont. Dès les premières années d’existence, la société a créé une station de recherche au Sénégal dans le but de tester les variétés des semences et leur adaptation à la chaleur et aux conditions climatiques locales. L’équipe dédiée est exclusivement composée de techniciens et ingénieurs locaux qui ont été formés aux techniques de sélection, à l’amélioration variétale, à la production de semences et au contrôle qualité. « Nous développons de plus en plus ces activités dans les zones où se situe le client final, comme au Burkina Faso, au Cameroun, à Madagascar afin de mieux répondre aux différences climatiques », souligne Anthony Gorin. Chaque territoire a ses spécificités.

Le climat est très chaud au Burkina Faso. Le Cameroun se caractérise davantage par son humidité. Quant à Madagascar, les plantations y sont plus en altitude. Le travail de recherche et celui de la production sont véritablement complémentaires. La recherche est là pour créer une variété répondant aux problèmes auxquels sont confrontés les paysans, notamment en termes de résistance aux maladies. La production a pour responsabilité de fournir des graines de qualité de cette variété améliorée. En Afrique subsaharienne, la marque Technisem est associée aux semences de qualité. Une réputation qui s’est forgée au fil du temps, conséquence directe de l’organisation et des contrôles rigoureux mis en place en France.

À la réception des productions dans l’Hexagone, celles-ci sont vérifiées et contrôlées afin d’établir la conformité avec les standards et critères initiaux. Elles sont ensuite stockées en chambre froide. Grâce à des installations spécialement conçues, des conditions idéales sont assurées sur le plan hydrométrique et thermique. « Les semences sont ensuite améliorées grâce à un traitement spécifique avant d’être conditionnées dans les emballages, prêts à l’export. Un double ensachage et des boîtes métalliques spéciales, dotées notamment de vernis antirouille, sont utilisés pour garantir aux semences une étanchéité totale. Un point essentiel pour des produits destinés aux zones tropicales », indique Bernard Adamo, directeur de la fabrication et des achats industriels.

Pour répondre à la demande croissante, Technisem multiplie les programmes de recherche et les sites de production. L’offre propose aujourd’hui un panel toujours plus vaste de semences. « En plus de notre forte implantation dans les pays africains francophones, nous souhaitons continuer à nous développer vers les destinations anglophones où notre croissance est soutenue, comme le Ghana, le Nigéria, le Kenya. Cette expansion concerne également le Maghreb, qui devrait représenter une zone de plus en plus importante à l’avenir », souligne Ronan Gorin.